Commission spéciale – Le Vatican se penche sur les actes de pédophilie

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Commission spécialeLe Vatican se penche sur les actes de pédophilie

La commission d'experts instituée par le pape François pour lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants dans l’Église s'est mise jeudi au travail, a annoncé l'État pontifical.

Le début des travaux de la commission anti-pédophilie intervient quelques semaines après le pardon exprimé par le pape François envers les victimes de membres de l'Église.

Le début des travaux de la commission anti-pédophilie intervient quelques semaines après le pardon exprimé par le pape François envers les victimes de membres de l'Église.

AFP

Sa première réunion qui doit durer jusqu'à samedi se déroule dans la résidence Sainte-Marthe où vit le pape argentin depuis son élection en mars 2013. François avait annoncé en décembre l'institution de cette «commission pour la protection de l'enfance», mais sa composition n'avait été annoncée qu'en mars. Parmi ses membres figure une ancienne victime irlandaise d'un prêtre, Marie Collins. Le coordinateur en est le cardinal américain Sean O'Malley, archevêque de Boston, qui avait lutté avec énergie contre l'étouffement des scandales pédophiles dans son diocèse.

Les autres membres sont aussi bien des hommes d'Église que des laïcs, tous réputés. La pédopsychiatre française Catherine Bonnet, la psychiatre britannique Sheila Hollins, l'ancienne chef du gouvernement polonais Hanna Suchocka, l'avocat italien Claudio Papale, expert des «délits contre la morale», le théologien jésuite argentin Miguel Yáñez, ami de François, et le père Hans Zollner, jésuite allemand psychothérapeute, en font partie. Le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, avait indiqué mardi que la commission discuterait de «l'intégration future d'autres membres qui pourraient représenter d'autres zones géographiques».

«Dans l'obligation d'assumer tout le mal commis par quelques prêtres»

Les membres de la commission devraient être reçus par le pape. Le Vatican a été plus actif ces dernières années pour enquêter sur les allégations d'abus sexuels et pour se mettre à l'écoute des victimes. Mais il a été critiqué par les associations et un comité de l'ONU pour maintenir le secret sur les enquêtes ecclésiastiques et protéger certains prêtres et évêques qui ont voulu étouffer le scandale. Beaucoup d'experts s'inquiètent que de nombreux abus continuent à avoir lieu en Asie, Afrique et Amérique Latine, alors que la prise de conscience du problème y est bien plus faible que dans les pays occidentaux.

En avril, le pape François avait «demandé pardon» pour les crimes pédophiles. «Je me sens dans l'obligation d'assumer tout le mal commis par quelques prêtres - un certain nombre mais évidemment peu au regard de tous les prêtres - et de demander personnellement pardon pour les dommages qu'ils ont causés en abusant sexuellement d'enfants», avait déclaré Jorge Mario Bergoglio. «Nous ne voulons pas reculer en ce qui concerne le traitement de ce problème et les sanctions qui doivent être prévues». Au contraire, avait ajouté le souverain pontife, «je crois qu'elles doivent être très sévères» Des organisations d'anciennes victimes avaient été irritées par une déclaration précédente du pape qui avait affirmé que ce mal existait «dans sa grande majorité» dans la famille et le voisinage, et que l’Église «était peut-être l'unique institution publique à avoir réagi avec transparence et responsabilité».

(L'essentiel/AFP)

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