Inquiétude – Le vent du Brexit menace de couler la pêche belge
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InquiétudeLe vent du Brexit menace de couler la pêche belge

Pour les pêcheurs belges, le Brexit représente deux dangers. Si la petite flotte perd son accès aux eaux britanniques, elle perd 50 à 60% de ses revenus.

Si la petite flotte belge perd son accès aux eaux britanniques, elle perd 50 à 60% de ses revenus.

Si la petite flotte belge perd son accès aux eaux britanniques, elle perd 50 à 60% de ses revenus.

AFP

En 1666, le roi Charles II accordait à la cité flamande de Bruges le droit perpétuel d'envoyer 50 bateaux pêcher au large de l'Angleterre. Trois siècles et demi plus tard, l'accès des pêcheurs belges aux poissonneuses eaux britanniques est menacé par le Brexit. Tout comme le «privilège de pêche» octroyé par le monarque reconnaissant envers sa terre d'exil, Robert Campbell, matelot sur le chalutier Den Hoope, incarne à lui seul ce lien spécial.

Âgé de 50 ans, ce Belge flamand est né dans un port de pêche en Angleterre, où son père est mort dans sa jeunesse. «Mon beau-père était aussi pêcheur», raconte-t-il à l'AFP alors que six membres d'équipage déchargent des caisses de sole et de carrelet sur le quai. «Il a toujours pêché dans les eaux anglaises, accosté dans les ports anglais», dit-il. «Il a rencontré ma mère et nous sommes tous venus en Belgique quand j'avais cinq ans».

50 à 60% des revenus

À l'âge de 15 ans, Robert rejoint lui aussi l'équipage d'un bateau. Il pêche depuis dans les eaux britanniques, à partir d'un port belge. Les prises réalisées par le Den Hoope dans les eaux néerlandaises ou danoises sont débarquées à Ostende. Une fois les douze tonnes de poissons et de crabes déchargées, le chalutier met le cap sur la Grande-Bretagne. Lorsque la cale est pleine de poissons, l'équipage débarque à Liverpool (nord-ouest de l'Angleterre), Milford Haven ou Swansea au pays de Galles, pour y décharger leur cargaison.

Le poisson est ensuite transporté par camion à travers l'Angleterre et le tunnel sous la Manche, jusqu'en Belgique pour y être vendu aux enchères à Ostende, port d'attache du bateau. Pour les pêcheurs belges, le Brexit représente deux dangers. Si la petite flotte perd son accès aux eaux britanniques, elle perd 50 à 60% de ses revenus, souligne l'association des propriétaires de bateaux Rederscentrale.

Et même si les négociateurs trouvent un accord préservant les quotas de pêche, le retour d'une frontière douanière et réglementaire à Douvres va provoquer embouteillages et retards. Des files d'attentes de centaines, voire de milliers de camions risquent de se former, menaçant l'acheminement rapide du poisson à Ostende, et donc sa fraîcheur.

(L'essentiel/afp)

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