Temps de travail: Les 36 heures inscrites dans la loi? Le Luxembourg divisé

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Temps de travailLes 36 heures inscrites dans la loi? Le Luxembourg divisé

LUXEMBOURG – Alors que de grandes figures du LSAP se positionnent pour une réduction du temps de travail, le patronat martèle son opposition en mettant en avant un sujet clivant: qui paiera la note?

par
Thomas Holzer

Editpress

Lors de ses vœux adressés à la presse ce jeudi, le Premier ministre Xavier Bettel ironisait sur «sa semaine de 35 heures» accomplie en deux jours, tel un pied de nez à un débat qui anime actuellement la classe politique et économique du Luxembourg. Dans une année électorale chargée avec en point d'orgue les élections législatives en octobre, le débat sur la baisse du temps de travail, porté par le ministre LSAP George Engel, se dessine d'ores et déjà comme un enjeu politique majeur.

Parmi les défenseurs d'une réduction de la durée de travail hebdomadaire, le député socialiste Dan Kersch la considère «avant tout comme un sujet sociétal», avec en filigrane l'attractivité du Luxembourg, «pays dans lequel on travaille le plus en comparaison à nos voisins». L'ancien ministre du Travail plaide «pour un modèle de 36 heures (NDLR: contre 40 actuellement), voire une semaine de quatre jours». Une manière de répondre à «un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle», mais également d'offrir des perspectives aux travailleurs «qui ne peuvent pas s'attendre à beaucoup d'augmentation de salaires dans les années à venir».

Dan Kersch veut une loi pour les 36 heures

«Le temps est un cadeau. Tous les modèles sont possibles, mais le sujet doit être débattu. C'est pourquoi je le proposerai dans le cadre de la définition de notre programme électoral», confie à L'essentiel l'élu, qui ne s'inquiète pas outre mesure de l'opposition du patronat – «Ils sont dans leur rôle. Les salariés ont toujours dû se battre pour leurs droits – ou du financement de la mesure législative. Pour le parlementaire LSAP, la réduction du temps de travail entraînerait «des gains de productivité avec également moins d'arrêts maladie et un travail plus intense». Suffisant pour compenser?

Partisan de plus de flexibilité, notamment via le télétravail, Jean-Paul Olinger n'y croit pas: «À qui reviendrait la facture: au salarié, qui perdrait 10% de son salaire? À l’État, qui compenserait à travers une prime qui impacterait le budget déjà déficitaire? À l’employeur, qui en situation de crise se verrait augmenter ses dépenses de personnel de 10%, en plus des trois index?», s'interroge le directeur de l'UEL (Union des entreprises luxembourgeoises), évoquant «un bonbon électoral» du LSAP dans un contexte «de pénurie de main-d'œuvre».

«Le glas de l’attractivité de notre économie»

Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce

«Une telle mesure généralisée sonnerait le glas de l’attractivité de notre économie et du modèle luxembourgeois tout court», appuie encore Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce. «Le Luxembourg compte 82 000 sociétés pour une population de 640 000 habitants. Qu'on ne dise pas que le pays n'est pas attractif…», répond Dan Kersch. Preuve que le débat est encore loin d'être tranché…

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