Interview Tommy Schlesser – «Les acteurs nous voient comme un paradis fiscal»
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Interview Tommy Schlesser«Les acteurs nous voient comme un paradis fiscal»

LUXEMBOURG – En tournage à Stockholm, le Luxembourgeois Tommy Schlesser tient le rôle principal dans le téléfilm «Liebe verjährt nicht» de la série d'Inga Lindström.

Tommy Schlesser est actuellement en tournage en Suède pour le film «Liebe verjährt nicht» qui sera diffusé sur la chaîne de télévision allemande, «ZDF».

Tommy Schlesser est actuellement en tournage en Suède pour le film «Liebe verjährt nicht» qui sera diffusé sur la chaîne de télévision allemande, «ZDF».

L'essentiel: D’abord Rosamunde Pilcher et vous voilà désormais à l'affiche du dernier film d’Inga Lindström. Vous aimez le kitsch?

Tommy Schlesser: On dépeint toujours le kitsch comme quelque chose de négatif. Je qualifierais plutôt les films de Pilcher et de Lindström de romantiques. Quand le kitsch est bien dosé, les films peuvent être d’une grande beauté. Mais pour répondre à votre question, oui, j’aime le kitsch.

D'où cette demande en mariage...

Schlesser (rire): C’était un très beau moment. Nous étions en Grèce, sur l’île de Kos, et j’avais tout planifié six mois à l’avance. C’était une belle journée, très ensoleillée et nous étions debout au bord d’une falaise, au coucher du soleil. C’est là qu’elle a dit «oui».

De quoi parle le film «Liebe verjährt nicht»?

Je joue le rôle d’un directeur-adjoint de musée de Londres. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment.

Avez-vous été surpris d’obtenir le rôle principal?

Oui, c'est sûr. J’avais déjà participé à des castings pour des films d’Inga Lindström en 2016 et 2017, où j’avais, à chaque fois, échoué. Mais apparemment, je suis resté dans les esprits de la production.

Votre famille vous accompagne t-elle sur le tournage, qui a actuellement lieu en Suède?

Malheureusement non. Ma fille n’a qu’un an et le voyage serait trop éprouvant, car il n’existe pas de vol direct de Luxembourg à Stockholm. Le 10 octobre, l’aventure se poursuit. Je serai en tournage pour un film luxembourgeois.

La première fois que vous avez tourné pour Rosamunde Pilcher, vous aviez endossé le rôle d’un médecin d'équipe homosexuel, en couple avec un joueur de foot. Un sujet tabou dans ce milieu. Avez-vous eu des retours?

Oui, énormément. J’ai reçu des tonnes de mails d’Allemagne, de Suisse, d’Autriche et du Luxembourg de la part d’hommes, mais aussi de femmes qui m’ont écrit pour me remercier pour cette histoire.

Avez-vous également subi des attaques?

Pas une seule.

Vous avez joué dans des sitcoms, dans des comédies, dans «Superjhemp Retörns», LE blockbuster luxembourgeois et maintenant, on vous retrouve dans un rôle plus sentimental. Difficile de vous mettre dans une case

Tant mieux. Au début, j’ai fait des choses plutôt légères avant de tourner un court-métrage, en 2016, dans lequel je jouais le rôle d'un sans-abri. J’en suis ravi.

«Superjhemp Retörns» a été le plus grand succès cinématographique de tous les temps au Luxembourg. En êtes-vous fier?

Bien sûr. Très fier, même. Le film est sorti l’année dernière, en octobre, et continue d'être diffusé lors de manifestations en plein-air. Il est même en cours de synchronisation en anglais et sortira prochainement dans les salles de cinéma aux États-Unis. C’est une réelle performance, sachant qu'il s'agit d'un film avant tout destiné aux Luxembourgeois, en luxembourgeois, qui parodie la culture luxembourgeoise.

Le Luxembourg est un petit pays. Est-ce un inconvénient pour un acteur?

En tant que comédien, il n’est pas possible de travailler exclusivement au Luxembourg. Cela ne suffit pas. On peut évidemment faire beaucoup de théâtre, mais ce n’est pas mon cas. J’ai une préférence pour le cinéma et la télévision. C’est pourquoi je dois élargir mon horizon vers l’étranger.

Comment réagissent vos collègues acteurs à l’étranger quand ils apprennent que vous êtes du Luxembourg?

La plupart ne connaissent rien du Luxembourg, ils le voient comme un paradis fiscal.

Et que répondez-vous à cela?

Que c’était peut-être le cas par le passé, mais que ça n’est plus d’actualité.

N’avez-vous jamais songé à quitter le Luxembourg? Ne vous sentez-vous pas un peu étriqué ici?

Non, je suis Luxembourgeois et je me sens bien ici. Que l’on prenne un vol de Munich à Berlin pour se rendre à un casting ou que l’on parte de Luxembourg, cela revient au même. Je suis actuellement en tournage à l'étranger pour cinq semaines et je me réjouis déjà à l’idée de retrouver mon havre de paix.

À Remich…

Oui, j’habite sur les bords de la Moselle. C’est un très bel endroit. Un peu comme dans un film de Rosamunde Pilcher.

La date de la diffusion du film d’Inge Lindström «Liebe verjährt nicht» (ZDF, réalisateur: Oliver Dieckmann) n’est pas encore connue.

(Franziska Jäger/L'essentiel)

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