Tripartite au Luxembourg – Les aides de l’Etat prolongées de deux mois

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Tripartite au LuxembourgLes aides de l’État prolongées de deux mois

LUXEMBOURG – Les dispositifs d’aides, dont le chômage partiel, sont prolongés jusqu’à la fin février, a indiqué le gouvernement lundi, à l’occasion d’une réunion tripartite.

Lex Delles, Xavier Bettel et Dan Kersch (de gauche à droite) ont présenté les conclusions de la tripartite.

Lex Delles, Xavier Bettel et Dan Kersch (de gauche à droite) ont présenté les conclusions de la tripartite.

Julien Garroy

La crise économique n’est pas tout à fait terminée. Preuve en est, le gouvernement a annoncé lundi la prolongation jusqu’à fin février des dispositifs d’aides. «Pour certains secteurs, sous certaines conditions, les aides seront prolongées de deux mois», a déclaré Xavier Bettel (DP), Premier ministre. Les entreprises qui pourront en bénéficier sont «les plus vulnérables, notamment celles de l’horeca, de l’événementiel et de certains secteurs de l’artisanat», explique Lex Delles (DP), ministre des Classes moyennes. Le chômage partiel a déjà coûté environ un milliard d’euros, les autres régimes d’aides la moitié.

Le chef du gouvernement a aussi indiqué que le montant du chômage partiel ne serait pas réduit. «Le minimum au chômage partiel sera égal au salaire social minimum». Xavier Bettel a en outre annoncé la «facilitation des démarches à l’Adem pour les demandeurs de protection internationale, afin de mieux les intégrer sur le marché du travail». Les autorisations seront aussi simplifiées pour «les spécialistes venues de l’étranger, car les talents doivent pouvoir rester au Luxembourg». Le dispositif reste à préciser. Tout comme pour «les nouvelles aides concernant la transition digitale et écologique».

Les syndicats critiqués

La situation économique «est bien moins catastrophique qu’ailleurs», selon Xavier Bettel. «Le chômage retrouve le niveau d’avant-crise», rappelle Dan Kersch (LSAP), ministre du Travail. Lex Delles confirme que «de nombreuses entreprises passent de l’aide aux coûts non couverts aux aides à la relance, plus modeste, car leurs chiffres d’affaires remontent. Ce qui est une bonne nouvelle». Mais il est impossible d’envisager la grande réforme fiscale annoncée en début de législature. «Cela nécessiterait un emprunt. Or un crédit pour financer une réforme fiscale, sur le dos des générations futures, c’est délicat», tranche Xavier Bettel.

La réunion ne semble pas s’être déroulée dans un cadre détendu. Xavier Bettel a reproché aux syndicalistes d’être «venus avec un long catalogue de mesures, sachant qu’aucune n’était chiffrée». «Cela allait de la santé aux bourses d’études, et certaines n’avaient rien à voir avec une tripartite», a lancé celui qui s’est dit «pris au dépourvu». «La tripartite est un instrument de crise, pas un salon de discussion», a conclu le Premier ministre. Dan Kersch, qui participait à sa dernière tripartite, a constaté «certaines différences d’interprétation sur les chiffres». Contactés, les syndicats n’ont pas voulu commenter l’affaire, en attendant une communication commune cette semaine. «Je peux simplement vous dire qu’il y avait des désaccords», a déclaré Patrick Dury (LCGB). Les partenaires sociaux se reverront avant les prochaines vacances d’été.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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