Dette grecque – «Les Allemands doivent renvoyer l’ascenseur»

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Dette grecque«Les Allemands doivent renvoyer l’ascenseur»

Pour l’économiste en chef du parti de gauche grec Syriza, l’Allemagne doit se souvenir que la Grèce l’a aidée au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

Un fort sentiment antiallemand s'est développé en Grèce. (AFP)

Un fort sentiment antiallemand s'est développé en Grèce. (AFP)

«L’Allemagne, complètement ruinée par la guerre, a bénéficié d’un large effacement de sa dette grâce à la conférence de Londres de 1953», confie John Milios, au Spiegel Online mardi. Cet économiste qui a coécrit le programme économique de Syriza, parti grec favori aux prochaines élections législatives, estime que «la Grèce a fait partie de ces pays qui ont accepté de donner à l’Allemagne la respiration dont elle avait besoin pour construire une économie solide». John Milios ne réclame aujourd’hui qu’une simple réciprocité: «Il est temps que les Allemands nous renvoient l’ascenseur».

«La Grèce doit générer d’énormes excédents budgétaires pour rembourser ses dettes», explique l’économiste. Alors pourquoi ne pas négocier un accord similaire à celui de 1953 pour permettre à la Grèce de respirer un peu à son tour? Syriza rappelle qu’il n’a jamais été question de quitter la zone euro, mais que faire si l’Allemagne et d’autres pays refusent le souhait du peuple grec de voir assouplies les règles budgétaires? «Nous sommes prêts à négocier», relance John Milios, «mais il n’y aura pas d’autre alternative qu’une certaine forme d’effacement d’une partie de la dette».

John Milios avance une solution: pour tous les pays de la zone euro, la Banque centrale européenne devrait effacer la dette quand celle-ci dépasse les 50% du PIB. Elle les convertirait en obligations très longue durée zéro intérêt que les États rachèteraient quand la dette ne vaudrait plus que 20% de son PIB. Selon les calculs du Spiegel, avec une estimation de croissance très très optimiste de 4,2% par an, la BCE devrait attendre 58 ans avant de revoir son argent en provenance de Grèce.

(MC/L'essentiel)

Aucun mécanisme ne prévoit la sortie de l'euro

Estimant que tous les pays de l'UE aspirent à adhérer un jour à la monnaie unique, le traité de Lisbonne ne prévoit aucun mécanisme de sortie. Il envisage en revanche une sortie de l'Union européenne, qui entraînerait de fait un abandon de la monnaie unique. «Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union», énonce l'article 50.

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