Santé au Luxembourg – Les allergies alimentaires en flèche chez l'enfant

Publié

Santé au LuxembourgLes allergies alimentaires en flèche chez l'enfant

LUXEMBOURG – Officiellement, le Grand-Duché compte un demi-millier d’enfants allergiques à un aliment mais leur nombre serait en réalité beaucoup plus élevé.

L'arachide et les noix font partie des allergènes les plus fréquemment cités.

L'arachide et les noix font partie des allergènes les plus fréquemment cités.

AFP

Les allergies alimentaires sont en pleine expansion dans les pays industrialisés et les enfants en sont les premières victimes, au Luxembourg comme dans le reste de l’Europe. La conférence qui s’est déroulée ce vendredi après-midi au Forum Geesseknäppchen, à Luxembourg-Ville, a permis de faire le point sur l’ampleur du phénomène, tout en soulignant l’importance du projet d’accueil individualisé (PAI), qui permet aux enfants allergiques d’être bien intégrés en milieu scolaire et dans les structures d’accueil périscolaires.

«Officiellement, 526 enfants âgés de 4 à 18 ans présentent une allergie alimentaire nécessitant une prise en charge particulière au Luxembourg», explique à L’essentiel le Dr Bechara Ziade, chef de la division de la médecine scolaire. «En réalité, ce nombre est sans doute beaucoup plus important, car selon les statistiques européennes, un enfant sur quatre est concerné».

«Le meilleur rempart contre les chocs anaphylactiques»

Parce que «tout enfant a droit au meilleur enseignement possible», le Grand-Duché a mis en place, dès octobre 2015, le projet d’accueil individualisé (PAI), qui consiste à accompagner les enfants à besoin spécifique et à favoriser leur intégration en milieu scolaire.

Concrètement, lorsqu’une allergie alimentaire est connue chez un enfant, ses parents signent une délégation de soins. Celle-ci permet à l’équipe médicale, aux enseignants mais aussi au service de restauration collective de prendre le relais en cas de crise. «Cette prise en charge collective est le meilleur rempart contre les chocs anaphylactiques, qui peuvent être mortels», ajoute le Dr Bechara Ziade.

Difficiles à faire disparaître

«Avec entre 300 et 600 nouveaux patients par an, nous assistons à une explosion des cas d’allergies alimentaires sévères au Luxembourg», souligne le Dr Françoise Morel, du Luxembourg society for allergology & immunology. Selon cette spécialiste, l’Europe compte 17 millions de personnes allergiques au sens large. De 4 à 7% des enfants européens souffrent d’une allergie alimentaire, sévère dans deux cas sur trois.

Souvent imputables à notre mode de vie et à nos habitudes alimentaires (voir encadrés), elles sont difficiles à faire disparaître, même en consultant un allergologue. «Il faudrait réussir à éliminer tous les allergènes de son alimentation mais c’est presque impossible. Les produits industriels, par exemple, contiennent presque tous des traces de fruits à coque…», conclut le Dr Morel.

(pp/L'essentiel)

Quelques conseils à adopter

- Accepter son état allergique. Le stress et le surmenage nerveux peuvent renforcer les symptômes allergiques

- Éviter autant que possible le contact avec les allergènes

- S’alimenter de façon saine et équilibrée

- Pratiquer une activité sportive pour réduire stress et tensions

- Apprendre à se détendre, grâce au yoga par exemple

Le choc anaphylactique, cas extrême

La manifestation la plus grave d'une allergie alimentaire est le choc anaphylactique (collapsus cardio-vasculaire à risque mortel), qui s’accompagne parfois d’éruptions cutanées et de troubles respiratoires. 5 à 6% des personnes allergiques risquent une telle réaction alors que ce risque est inférieur à 1% pour l’ensemble de la population.

Des facteurs nombreux et variés

Les allergies alimentaires sont généralement déclenchées par des allergènes naturels comme le lait et les produits laitiers, les œufs de poule, les crustacés, poissons, noix, céréales, légumes ou fruits, etc. mais pratiquement tous les aliments sont susceptibles de provoquer des réactions allergiques.

Souvent associées à des facteurs héréditaires et renforcées par la présence quasi systématique de fruits à coque dans les produits industriels, elles peuvent se manifester par des démangeaisons, un eczéma, un rhume, une conjonctivite, de l’asthme, des troubles digestifs... Elles peuvent aussi provoquer des maux de tête, des migraines et des maladies articulaires.

Ton opinion