Tendance vintage – Les anciens GSM reviennent à la mode
Publié

Tendance vintageLes anciens GSM reviennent à la mode

Les bons vieux téléphones portables des années 2000, fiables et indestructibles, refont surface sur un marché dominé par les smartphones et la connectivité à outrance.

Le 1er avril, surfant sur cette vague, le constructeur emblématique Nokia s'est fendu d'un poisson d'avril pour annoncer le (faux) retour de son légendaire 3310, doté d'un improbable écran tactile et d'un capteur photo perfectionné. Lancé en 2000, ce modèle de légende, qui n'est plus fabriqué depuis belle lurette, s'est vendu à plus de 125 millions d'exemplaires dans le monde. Le 3310, tout comme d'autres dinosaures, signent depuis plusieurs mois un retour remarqué dans les boutiques de mobiles d'occasion ou sur les sites de e-commerce, imposant leur coque massive et low-tech aux côtés de smartphones au design futuriste.

Ces portables rétro, sans connexion Internet ni applications mobiles, ne sont plus seulement l'apanage de personnes âgées ou de consommateurs au budget télécom limité, mais ont été élevés au rang d'objets cultes par un mouvement de mode plus global. «Il y a un effet "madeleine de Proust" et cette sensation agréable de retrouver un objet que l'on a connu à une époque, un peu comme se payer des baskets vintage qu'on ne pouvait pas s'offrir à l'adolescence, ou emmener ses enfants à un concert de Chantal Goya», résume Damien Douani, expert nouvelles technologies à l'agence FaDa.

Des modèles remasterisés

Il met aussi en avant «une logique de contre-culture en réaction à la surconnectivité de la société, la déconnexion étant la tendance du moment, avec la volonté d'un retour à l'essentiel et à un téléphone basique servant juste à téléphoner et envoyer des SMS, ce qui ne se trouve plus dans le commerce». Certes, il reconnaît que cette mode ressemble parfois «à du snobisme», mais il veut avant tout y voir «un élément de distinction: aujourd'hui, on a tous des smartphones qui se ressemblent, alors qu'il y a dix ans, les marques étaient beaucoup plus créatives».

C'est à une clientèle plutôt haut de gamme que s'adresse la marque française Lekki, fondée en 2010, et qui propose des téléphones iconiques d'occasion mais avec batterie et chargeur neufs, remasterisés avec une couleur tendance. Un Motorola StarTac 130 (modèle lancé en 1998) et «repeint» en orange fluo est ainsi vendu 180 euros, tandis qu'un Ericsson A2628, couleur bouton d'or, coûte 80 euros.

Jusqu'à 1 000 euros pour un portable vintage

«On a deux profils-types: les 25/35 ans attirés par le côté rétro et décalé d'un téléphone qui sort de l'ordinaire, et les nostalgiques qui veulent retrouver l'appareil qu'ils avaient quand ils étaient plus jeunes. Certains l'utilisent en complément de leur smartphone, mais d'autres jouent la carte du vintage à 100%, lassés de la course à la technologie entre les fabricants», explique Maxime Chanson, le fondateur de Lekki.

«Certaines personnes n'hésitent pas à mettre le prix, on a des modèles à plus de 1 000 euros. De tels prix s'expliquent par la difficulté à retrouver ces modèles, qui étaient déjà des éditions limitées à leur époque», renchérit Djassem Haddad, fondateur du site vintagemobile.fr. Il a créé son site en 2009 avec un collègue «à nos heures perdues» sans se douter de l'essor que prendrait ce marché de niche: depuis l'année dernière, le chiffre d'affaires de sa société qui remet à neuf des appareils d'occasion, «a vraiment progressé». Il estime avoir vendu quelque 10 000 téléphones au total en deux-trois ans, «avec une accélération depuis début 2013».

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion