Gestion d'actifs – Les banques suisses attirent les pays émergents

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Gestion d'actifsLes banques suisses attirent les pays émergents

Les établissement bancaires ont vu leurs actifs sous gestion s'étoffer de 340 milliards de francs suisses (282 milliards d'euros) en 2013, selon l'Association suisse des banquiers (ASB).

En 2013, l'ensemble des banques suisses ont vu une hausse de 6 136 milliards de francs suisses (5 089 milliards d'euros) des fonds placés en gestion.

En 2013, l'ensemble des banques suisses ont vu une hausse de 6 136 milliards de francs suisses (5 089 milliards d'euros) des fonds placés en gestion.

Keystone

Cette augmentation a porté à 6 136 milliards de francs suisses (5 089 milliards d'euros) le total des actifs sous gestion des banques helvétiques l'an passé, a précisé l'ASB dans un communiqué. Cette évolution est attribuable aux régions émergentes, Amérique latine et Europe de l'Est en tête, ainsi qu'à l'évolution favorable du marché des capitaux. «Les actifs en provenance d'Europe occidentale, en revanche, se sont inscrits en recul, sans doute à cause de la régularisation des situations héritées du passé et des paiements d'impôts en résultant», a toutefois souligné l'ASB, qui s'attend à ce que la tendance se poursuive.

Après avoir stagné en 2011 et en 2012, le résultat consolidé des banques en Suisse a progressé de 3,1% l'an passé pour s'établir à 60,8 milliards de francs suisses, grâce à une augmentation des opérations d'intérêts ainsi que du produit des opérations de commissions et des prestations de services. Les banques en Suisse ont eu de nombreux défis à relever l'an passé, a souligné l'ASB, citant notamment l'évolution de la fiscalité internationale ainsi que les changements réglementaires nationaux et européens, qui se sont répercutés sur leurs coûts et leurs marges. «Les évolutions en cours devraient conduire à des consolidations au sein du secteur bancaire et à une mutation structurelle», a estimé l'ASB.

Rachats ou fermetures en vue sur la Place suisse

Fin 2013, la Suisse comptait 283 établissements bancaires, soit 14 de moins que l'année précédente. L'an passé sont intervenus huit rachats, une fusion, cinq retraits du statut bancaire ainsi que la fermeture d'une filiale étrangère. Au premier semestre de cette année, cette tendance à la consolidation s'est poursuivie, notamment parmi les banques étrangères, et devrait perdurer au cours des années à venir. Les nouvelles réglementations, notamment avec l'échange automatique d'informations qui se profile, mais également l'érosion des marges, conduisent à une mutation structurelle du secteur, selon l'ASB.

«Il faut s'attendre à ce que quelques établissements présents sur la place bancaire suisse ferment leurs portes ou soient rachetés, comme on l'a vu récemment», a mis en lumière le rapport de l'ASB qui a pointé que la tendance à la consolidation avait continué au premier semestre 2014, notamment parmi les banques étrangères. En avril, la banque J.Safra Sarasin, issue de la fusion l'an passé de la banque bâloise Sarasin et de l'établissement brésilien J. Safra, avait annoncé le rachat d'activités de banque privée en Suisse, auprès du géant américain Morgan Stanley.

Concurrence de Hong Kong et Singapour

En juillet, le groupe italien Generali Insurance a de son côté indiqué qu'il allait vendre BSI, une banque basée dans le canton du Tessin, au groupe financier brésilien BTG Pactual, tandis que Julius Baer, un des plus gros gestionnaire de fortune en Suisse, a annoncé la reprise du fond de clientèle de l'établissement israélien Leumi Private Bank (Suisse). L'ASB publie chaque année son «baromètre bancaire», qui donne une indication sur les grandes tendances dans le secteur. Il s'appuie sur les chiffres de la Banque nationale suisse (BNS) mais aussi sur les résultats d'enquêtes effectuées auprès des établissements membres.

Concernant les perspectives, l'ASB a estimé que la place financière suisse conservait tout son attrait et devrait à moyen terme rester en tête de classement pour la gestion de fortune transfrontalière. «À plus long terme, toutefois, les places financières de Hong Kong et Singapour pourraient bien tenter de la détrôner», a-t-elle mis en garde dans son rapport.

(L'essentiel/AFP)

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