Contrats publicitaires – Les Bleus paient toujours Knysna

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Contrats publicitairesLes Bleus paient toujours Knysna

Deux ans après le désastre du Mondial en Afrique du Sud, les joueurs de l'équipe de France peinent toujours à retrouver les faveurs d'annonceurs. L'Euro pourrait y contribuer.

Agent de nombreux footballeurs, Christophe Mongai est catégorique. «Il y a une vraie baisse quantitative et qualitative en ce qui concerne les contrats publicitaires des joueurs, dit-il. Leur cote n'est plus très haute. Les événements d'Afrique du Sud ont été terribles et il faut attendre maintenant que l'équipe de France fasse de bons résultats avant de retrouver le niveau des années 2000».

Parallèlement, les annonceurs ont découvert d'autres icônes moins exigeantes. «Un nageur qui gagne 5 000 euros par mois, il va être content si on lui propose un contrat à 60 000, tandis qu'un footballeur qui gagne ça en une semaine, il va même pas se baisser», reprend Mongai. Du coup, rares sont les Bleus qui, aujourd'hui, bénéficient d'un contrat publicitaire autre que celui qui les lie à leur équipementier. Il y a un peu moins de dix ans, un Zidane empochait près de 60% de ses revenus en gains extra-sportifs.

Benzema le plus «bankable»

Aujourd'hui, le ratio est de 10% pour Franck Ribéry, l'international à l'image la plus dégradée malgré ses revenus records (11,5 millions), et 28% pour Karim Benzema, le joueur le plus «bankable» de l'équipe de France avec 11 millions d'euros de revenus annuels dont 3 proviennent de ses contrats d'image.

Le Madrilène est devenu ces derniers mois le joueur le plus rémunéré par la publicité, détrônant ainsi Thierry Henry, longtemps au sommet malgré la perte de son contrat en or avec Gillette et sa retraite internationale. Franck Hocquemiller, patron de l'agence de marketing VIP consulting, croit beaucoup en Benzema pour rabibocher footballeurs et annonceurs, qui n'attendent que ça. «Ses résultats parlent pour lui, sa discrétion est un atout car les partenaires et les consommateurs en ont assez du bling-bling, et il n'est pas marqué "Afrique du Sud"», puisqu'il n'avait pas disputé le Mondial-2010. «Mais s'ils veulent des contrats individuels, les joueurs savent qu'il faudra être collectivement bons», reprend Hocquemiller qui, comme Mongai, attend beaucoup des résultats de l'Euro. Même tendance chez les partenaires potentiels.

«Et s'il fait une Anelka?»

«On a des jeunes joueurs dans le viseur. Un Lloris ou un Giroud pourraient devenir des ambassadeurs en raison de leur excellente image», confie le directeur marketing d'une grande marque agroalimentaire. «Mais cela ne se fera que si l'équipe de France séduit». Dans tous les cas, les contrats qui seront signés à l'avenir seront de plus en plus contraignants pour les joueurs, avec clauses de bonne conduite et de langage mesuré. «C'était dans l'air du temps avant Knysna mais ça s'est précipité ensuite», constate Franck Hocquemiller.

«Aujourd'hui, les partenaires disent: "Et qu'est-ce qu'il nous arrive s'il fait une Anelka"?», en référence à l'agression verbale de l'attaquant tricolore envers son sélectionneur, Raymond Domenech, dans un vestiaire sud-africain, prélude à la désormais célèbre affaire du bus de Knysna. Anelka, à l'époque, avait perdu ses contrats publicitaires, notamment avec Quick. Aujourd'hui, les annonceurs préfèrent prévenir que guérir.

(L'essentiel Online/AFP)

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