Les célibataires chassés pendant le ramadan

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Les célibataires chassés pendant le ramadan

Le «chasseur de célibataires» rôde pendant le ramadan. Il attrape ses victimes au lasso et les ridiculise.

Vêtu d’une peau de bête ornée d’amulettes, Auwalu Sani promène sa corde de raphia pour attraper les célibataires.

Vêtu d’une peau de bête ornée d’amulettes, Auwalu Sani promène sa corde de raphia pour attraper les célibataires.

afp

À l’approche de la fin du ramadan, les hommes non encore mariés de la ville de Kano, dans le nord du Nigeria, se cachent pour échapper au «chasseur de célibataires». Au rythme des chants et tambours, Auwalu Sani, 40 ans, alias Nalako (celui qui chasse les célibataires, en langue Haoussa) sillonne les rues la nuit, à la recherche de proies à exhiber.

Vêtu d’une peau de bête ornée d’amulettes recouvrant une chemise de coton sans manches, coiffe assortie vissée sur la tête, Nalako, accompagné d’une foule chantante et dansante, promène sa corde de raphia sur la ville chaque année. «Il n’y a pas d’échappatoire une fois que mon lasso se referme sur ma proie», dit-il.

«Le lasso a un pouvoir spécial, chaque célibataire que j’attrape est marié avant le ramadan suivant», poursuit Nalako. Devant la maison de sa prochaine victime, le chasseur fait retentir sa corne et se met à entonner le chant traditionnel qui décrit les hommes célibataires comme des chiens sans valeur qui ne méritent aucun respect.

Bientôt, les lieutenants de Nalako tirent de la maison un trentenaire réticent et couvert de honte. Nalako lui passe la corde autour du cou et barbouille son visage d’une teinture indigo, avant de le faire défiler dans la ville. Vieille de 102 ans, la tradition a encore été respectée.

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