Luxembourg-Ville – «Les clients ont peur le samedi, et nous aussi»
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Luxembourg-Ville«Les clients ont peur le samedi, et nous aussi»

LUXEMBOURG - La multiplication des manifestations contre les mesures anti-Covid dans la capitale, le samedi, pénalise les commerces. Ils témoignent pour «L'essentiel».

Le passage des manifestants au centre de la capitale impacte l'activité des commerces.

Le passage des manifestants au centre de la capitale impacte l'activité des commerces.

Editpress

Devant l'entrée d'un magasin d'ameublement de l'avenue de la Porte-Neuve, une dizaine de fourgons de police sont garés. La scène est devenue courante le samedi, à Luxembourg-Ville, alors que se déroulent depuis plusieurs semaines des manifestations contre les mesures sanitaires. À l'intérieur de la boutique, les employés attendent désespérément le retour d'une clientèle qui a plus ou moins déserté les allées. «Généralement, le samedi est un jour d'affluence. Là, il y a beaucoup moins de monde. Les clients ont peur des manifestations non organisées», glisse une vendeuse à L'essentiel.

Peu habitué aux manifestations récurrentes, le secteur commercial fait également face à la particularité de ce mouvement protestataire: l'imprévisibilité. Dans ce contexte, difficile de rassurer une clientèle qui aspire au calme. «Nous vendons des vêtements pour femmes et enfants. Des familles ont déjà préféré se terrer à l'intérieur du magasin par crainte. Des touristes sont choqués et se demandent ce qu'il se passe», confie la responsable d'une boutique de vêtements, qui se dit «désemparée», tout en insistant sur la perte de chiffre d'affaires. «La maison-mère ne comprend pas pourquoi nous vendons plus le vendredi que le samedi, ce qui était inimaginable auparavant».

Les Galeries Lafayette évacuées

Si la baisse d'affluence ne s'est pas particulièrement remarquée dans les rues, ce samedi, l'effet à long terme est réel. Y compris dans le secteur de la restauration. «À 13h, tout le monde est parti», résume la gérante d'une petite enseigne de la rue des Bains. «Les gens ont peur, et nous aussi. Les manifestants ne sont pas méchants, mais leur mouvement crée une mauvaise ambiance et de l'anxiété», témoigne-t-elle devant son restaurant... vide.

Contrairement aux scènes de chaos constatées dans certains pays voisins, les protestataires ne s'en prennent pas aux vitrines des commerces et ne se montrent pas particulièrement menaçants. Mais certains grands magasins jouent tout de même la carte de la prudence. Les Galeries Lafayette ont ainsi plusieurs fois décidé de fermer leurs portes durant une à deux heures, le temps que le calme revienne dans les rues. «Ils font sortir les clients par les issues de secours, ce qui entraîne de la confusion», glisse un témoin qui a assisté à une de ces scènes.

Samedi, aucun défilé n'est venu perturber le week-end de soldes. Concentrés sur le Glacis, les manifestants étaient aussi moins nombreux, après les débordements des semaines précédentes. La lumière au bout du tunnel pour des commerces déjà impactés par deux ans de pandémie? «On espère vraiment que cela va s'arrêter», conclut une vendeuse.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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