Police – Les «contrôles au faciès» sont une «réalité»

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PoliceLes «contrôles au faciès» sont une «réalité»

Le ministre français de l'Immigration Eric Besson a admis mercredi que ce genre de pratique des policiers existait, prise de position rare pour un membre du gouvernement, s'attirant aussitôt les foudres des syndicats de police.

(AFP)

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Le ministre de l'Immigration Eric Besson a déclaré mercredi sur RTL que les «contrôles au faciès» des jeunes étaient une «réalité», en ajoutant qu'elle est «largement combattue». «L'IGS (Inspection générale des Services, la «police des polices») est une instance qui fonctionne bien et qui sanctionne à ce titre 2 500 policiers par an», a précisé M. Besson. «L'immense majorité des policiers, gendarmes et des forces de sécurité en France sont républicaines», a-t-il dit. Les puissants et corporatistes syndicats de police ont aussitôt dénoncé les propos du ministre.

Jean-Claude Delage, pour Alliance (2e syndicat de gardiens de la paix) a dit que M. Besson a commis «un dérapage verbal», tandis que Nicolas Comte, de l'Union SGP-FO/Unité police (1er syndicat), les a jugés «inadmissibles». «Ces contrôles (au faciès) sont illégaux», a ajouté M. Comte, «je ne comprends pas qu'un ministre de la République puisse laisser supposer le contraire».

«En fonction des lieux et du moment»

Pour Dominique Achispon, du Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), ces «propos irresponsables ne vont pas calmer nos collègues qui sont à bout, notamment dans les quartiers difficiles où ils ont de plus en plus de mal à travailler». Pour Bruno Beschizza, de Synergie (2e syndicat), les «contrôles de police sont liés au territoire, pas à l'ethnie». Ils «se font en fonction des lieux et du moment des missions», selon M. Delage.

La prise de position de M. Besson survient après l'appel d'un collectif, «Police + Citoyens» ayant demandé mardi au gouvernement d'«agir pour en finir» avec ces contrôles. Le collectif, rassemblant notamment la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le Conseil représentatif des associations noires (Cran) ou AC le feu, a évoqué le témoignage d'un jeune étudiant à Science Po disant avoir été injurié par des policiers.

«Quotidiennement»

Anyss Arbib, qui célébrait à Paris la qualification de l'Algérie au Mondial de football, avait raconté dans le quotidien Libération s'être fait asperger de gaz lacrymogène par un CRS et avoir été victime de sa part d'injures racistes.

Ce témoignage «confirme la discrimination au faciès que subissent quotidiennement des milliers de Français ou de présumés étrangers, lors des contrôles de police», a estimé dans un communiqué le collectif.

lessentiel.lu avec AFP

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