Médicaments illégaux – Les cyber pharmacies ciblent les jeunes

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Médicaments illégauxLes cyber pharmacies ciblent les jeunes

Les jeunes sont de plus en plus la cible des réseaux de trafic de médicaments illégaux via internet et les réseaux sociaux, a mis en garde l'agence onusienne OICS dans son rapport annuel publié mardi.

58% des substances saisies proviennent d'Inde, suivie par les États-Unis, la Chine et la Pologne.

58% des substances saisies proviennent d'Inde, suivie par les États-Unis, la Chine et la Pologne.

AFP

«Les pharmacies illégales sur internet ont commencé à utiliser les médias sociaux pour attirer des clients pour leurs sites internet, ce qui peut exposer un public large, et surtout jeune, à des produits dangereux», a déclaré Hamid Ghose, président de l'Office international de contrôle des stupéfiants (OICS).

L'organisation onusienne, dont le siège est à Vienne, rappelle que les jeunes sont particulièrement sensibles à l'ensemble des difficultés sociales engendrées par la drogue: violence, chômage, mauvaise santé et difficultés scolaires. «Une partie importante des activités des cyberpharmacies illégales consiste à passer en fraude les produits destinés aux consommateurs, à trouver un hébergement pour leur site web et à convaincre les consommateurs que leur activité est en fait légitime», selon l'OICS.

Alors que plusieurs moteurs de recherche ont refusé l'utilisation de marques de médicaments de prescription sur leurs liens sponsorisés, les cyberpharmacies illégales se sont rabattues sur les forums ou réseaux sociaux pour faire leur publicité, détaille le rapport. Autre vecteur pour se faire connaître: l'envoi de courriel. Environ le quart des mails non sollicités sont en fait des messages publicitaires pour des médicaments. Pour avoir l'air crédible, elles présentent déclarations et photos de prétendus médecins ou affichent frauduleusement des logos, y compris d'organisme nationaux de réglementation des médicaments.

58 % des substances saisies en provenance de l’Inde

Selon des données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de la moitié des médicaments commandés à des cyberpharmacies illégales sont contrefaits. «À ce jour, l'OICS a reçu des données concernant plus de 12 000 saisies de substances placées sous contrôle international envoyées par courrier», selon le rapport. Les principaux territoires d'origine de fabrication de ces préparations étaient l'Inde (58% des substances saisies), suivie par les États-Unis, la Chine et la Pologne.

Pour lutter contre le phénomène, «Un certain nombre d'organisations et d'associations nationales et internationales ont pris des mesures (...) visant à certifier les pharmacies légitimes et à tenir un registre des cyberpharmacies homologuées auxquelles les consommateurs peuvent s'adresser», indique l'OICS.

Des campagnes de sensibilisation aux dangers d'acheter des médicaments sur internet ont aussi été organisées dans plusieurs pays, poursuit-elle. Tout en saluant ces initiatives, l'OICS recommande toutefois aux gouvernements d'aller plus loin, notamment en «encourageant les entreprises à refuser aux cyberpharmacies illégales l'accès aux services commerciaux dont elles ont besoin pour mener leurs activités».

L'essentiel Online/AFP

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