Tsunami – Les débris de Fukushima bientôt à Hawaï
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TsunamiLes débris de Fukushima bientôt à Hawaï

Hawaï va devoir faire face aux tonnes de débris que le tsunami du Japon, le 11 mars 2011, a rejetés à la mer. Le niveau de radioactivité des premiers déchets repêchés serait normal.

Cette embarcation de pêche japonaise emportée en mars à la dérive  par le tsunami a été repêchée près des îles Midway.

Cette embarcation de pêche japonaise emportée en mars à la dérive par le tsunami a été repêchée près des îles Midway.

AFP

Des millions de tonnes de débris dérivant depuis le tsunami qui a frappé le Japon en mars devraient atteindre Hawaï plus vite que prévu, soit déjà cet hiver. Des chercheurs ont révisé leurs calculs après la découverte, près des îles Midway, d'un bateau emporté par la catastrophe.

Le tsunami aurait rejeté dans l'océan cinq à vingt millions de tonnes de débris, qui depuis dérivent vers l'Est. Des chercheurs à Hawaï ont développé des modèles pour prédire leur évolution dans l'eau et déterminer quand et où les premiers débris toucheront terre.

Jusque-là, ils pensaient que les premiers vestiges de la catastrophe arriveraient au printemps 2012 sur les îles Midway, à quelque 2 100 kilomètres au nord-ouest de Honolulu (Hawaï).

Mais leurs calculs ont été récemment remis à plat quand un navire-école russe navigant entre Hawaï et l'extrême-orient russe a trouvé sur sa route des débris japonais. Parmi ces objets, un bateau de pêche de six mètres de long immatriculé à Fukushima, la ville la plus proche de la centrale nucléaire gravement endommagée par le tremblement de terre et le tsunami.

Radioactivité normale

«Un voilier-école russe, le STS Pallada, a trouvé un ensemble de débris qui proviennent sans erreur possible du tsunami, lors de son voyage retour entre Honolulu et Vladivostok», avait indiqué le Centre international de recherche sur le Pacifique de l'université d'Hawaï, le 15 octobre dernier.

Le bateau de pêche intercepté dérivait alors à plus de 3 500 km du Japon et à 3 000 km d'Honolulu. «Niveau de radioactivité - normal, nous l'avons mesuré avec le compteur Geiger», selon les notes de l'équipage, citées par le Centre.

Surtout du plastique

Pendant plusieurs jours, l'équipage a vu des objets tels un poste de télévision, un réfrigérateur, des planches de bois, des bouteilles en plastique, des bottes, des bouées de filet de pêche.

«Jusqu'à maintenant, le STS Pallada est le seul navire à avoir observé ces débris», pointe Jan Hafner, du Centre de recherche. Appelant les autres navires croisant dans la zone à signaler ce qu'ils pourraient voir, il souligne qu'avec plus d'informations, les chercheurs pourraient faire une estimation plus précise de la trajectoire et de la vitesse des débris.

«La première zone habitée où des débris échoueront sera l'atoll de Midway», confirme M. Hafner. «Nous nous attendons à ce que cela ait lieu cet hiver». Selon lui, les premiers débris qui toucheront les plages touristiques d'Hawaï devraient être des objets plutôt légers, pour l'essentiel en plastique.

«Les objets plus lourds suivront. Mais comme le champ dans lequel évoluent les débris est très épars, leur arrivée sur les plages devrait être très graduelle», ajoute-t-il. «Ne vous attendez pas à être submergés par des vagues de débris».

Poursuite des déchets

Selon le Centre de recherche, les débris qui n'échoueront pas sur les îles Midway continueront à dériver vers Hawaii, puis vers la côte Nord-Ouest américaine.

Deux associations américaines de lutte contre la pollution marine ont récemment proposé aux «aventuriers écologistes» de s'embarquer à la poursuite des déchets emportés par le tsunami.

À compter du 1er mai 2012, le Sea Dragon (Dragon des Mers), un yacht de 22 mètres, naviguera pendant deux mois dans le Pacifique Nord au milieu des débris.

Le 11 mars, un tremblement de terre de magnitude 9 avait provoqué un gigantesque raz-de-marée au Nord-Est du Japon. En déferlant sur les côtes, il avait détruit tout sur son passage. Les flots ont déclenché une série d'avaries à la centrale atomique Fukushima Daiichi, provoquant le plus grave accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

L'essentiel Online/

(ats/AFP)

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