Prisons luxembourgeoises – Les détenus gays et transgenres sont protégés
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Prisons luxembourgeoisesLes détenus gays et transgenres sont protégés

LUXEMBOURG - Les prisonniers qui le demandent peuvent être répartis en fonction de leur identité sexuelle, pour être à l'abri des agressions éventuelles d'autres prisonniers.

Les détenus peuvent être placés en fonction de leur identité sexuelle, pour être à l'abri d'autres prisonniers.

Les détenus peuvent être placés en fonction de leur identité sexuelle, pour être à l'abri d'autres prisonniers.

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«Les établissements pénitentiaires font tout ce qui est en leur pouvoir afin de protéger plus particulièrement les détenus qui sont plus vulnérables que d'autres» affirme le ministre déi Gréng de la Justice, Félix Braz, en réponse à une question de la députée LSAP Cécile Hemmen. Celle-ci s'inquiète plus particulièrement du sort réservé aux gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres lors de leur incarcération.

Ainsi, les prisonniers qui informent les établissements pénitentiaires de leur identité sexuelle, ou de leur caractère transgenre, ou qui l'affichent ouvertement, «sont placés de manière à être à l'abri de toutes sortes de représailles, menaces ou dangers émanant d'autres détenus», explique le ministre. La répartition des prisonniers doit en effet tenir compte de la sécurité des détenus. Félix Braz précise que la situation des transgenres est traitée au cas par cas, l'administration pénitentiaire cherchant toutes les informations disponibles sur le prisonnier et tenant compte de sa situation personnelle. Ces cas sont toutefois «exceptionnels».

«Un défi pour l'administration pénitentiaire»

Malgré tout, gérer ces situations particulières relève du casse-tête pour les responsables des prisons. Il faut protéger les détenus homosexuels, bisexuels et transgenres des autres, mais «sans aboutir à une stigmatisation, voire à un isolement de ces détenus», prévient le ministre. Qui ajoute que «certains détenus LGBT demandent expressément à être placés dans une section ordinaire de la prison». Demandes qui sont en général acceptées.

Le ministère de la Justice ne dispose toutefois pas de statistiques à ce sujet. «Ces chiffres seraient forcément fragmentaires» selon Félix Braz. En effet, rien n'oblige les détenus à faire part de leur orientation sexuelle. Et «imposer ce genre d'obligation serait illégal et constituerait une ingérence inacceptable dans leur vie privée». Le problème est le même pour les agressions sexuelles. Rares sont les auteurs et les victimes qui confessent les motifs d'une telle agression, notamment si elle est liée à l'identité sexuelle de la victime.

Quant à la future prison qui doit voir le jour au lieu-dit Uerschterhaff, à Sanem, elle permettra aussi d'assurer une protection spécifique aux détenus en fonction de leur identité sexuelle, ou pour toute autre raison. Elle «sera composée de multiples sections, de sorte que les détenus peuvent être séparés en fonction notamment de leur sexe, de leur personnalité, des motifs de leur détention et, donc, également de leur orientation sexuelle».

(Jérôme Wiss/L'essentiel)

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