Tensions militaires – Les deux Corées veulent renouer le dialogue

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Tensions militairesLes deux Corées veulent renouer le dialogue

La Corée du Sud accepte l'offre de dialogue de la Corée du Nord après des mois de tensions militaires entre ces deux pays divisés depuis six décennies.

Séoul a publiquement accepté la proposition de Pyongyang d'engager, pour la première fois depuis plusieurs années, des pourparlers officiels sur un certain nombre de sujets contentieux commerciaux et humanitaires. Ces annonces interviennent alors que le ton avait fortement monté entre les pays occidentaux et le régime nord-coréen à la suite d'un troisième essai nucléaire de celui-ci en février, suivi de menaces d'attaques des États-Unis. Les tensions s'étaient apaisées ces dernières semaines, les deux Corées semblant se rendre à l'idée de reprendre contact sous une forme ou une autre. Dans un communiqué diffusé par l'agence d’État KCNA, le Comité du Nord pour une réunification pacifique de la Corée (CPRK), en charge des relations avec le Sud, a proposé des discussions en particulier à propos du site industriel inter-coréen de Kaesong.

Le CPRK n'a pas spécifié le niveau de représentation auquel ces discussions pourraient se tenir. Il a laissé à la discrétion de Séoul le choix de la date et du lieu. La Corée du Nord se dit prête à débattre de l'avenir de Kaesong où travaillaient plus de 50 000 employés nord-coréens et des centaines de cadres sud-coréens. Ce complexe, pourtant crucial pour l'obtention de devises étrangères pour le régime communiste, a été fermé d'autorité par Pyongyang, début avril. Kaesong est né dans le sillage de «la diplomatie du rayon de soleil», menée par la Corée du Sud de 1998 à 2008 afin d'encourager les contacts entre les deux frères ennemis qui restent techniquement en guerre puisque la Guerre de Corée (1950-53) s'est terminée par un armistice et non par un traité de paix.

Le calendrier pas encore fixé

La Corée du Sud a déjà suggéré un tour de table à propos de Kaesong, sans succès. Séoul pourrait donc exiger d'élargir le champ des négociations. «Il pourrait y avoir des problèmes dans l'établissement d'un ordre du jour et il est naturel de douter de la sincérité de la Corée du Nord», estime Paik Hak-Soon, du centre d'études sud-coréen Sejong. Pour le chercheur, l'offre nord-coréenne est «un virage stratégique» caractéristique du régime «qui met la balle dans le camp du Sud». Le Nord se dit également disposé à négocier la reprise des visites touristiques au mont Kumgang, l'un des plus beaux sites naturels du pays avec ses sommets, sa riche végétation, ses gorges et sa vue imprenable sur la mer.

Tout comme Kaesong, ce site rapportait des millions de dollars à la Corée du Nord, pays reclus et ruiné par ses ambitions militaires qui lui ont valu de multiples sanctions internationales, diplomatiques, commerciales et financières. Quelques heures plus tard, la Corée du Sud a fait savoir qu'elle accueillait «favorablement» la proposition nord-coréenne en disant espérer que les deux pays «saisiront cette opportunité pour bâtir une relation de confiance mutuelle». Le ministère sud-coréen de l'Unification, chargé des relations avec Pyongyang, a précisé qu'il annoncerait ultérieurement le lieu et le calendrier de ces pourparlers.

Des milliers de familles séparées

Les contacts officiels entre les deux Corées sont gelés depuis le naufrage d'une corvette torpillée, selon Séoul, par un sous-marin de poche nord-coréen le 26 mars 2010, causant la mort de 46 marins. Les observateurs restaient prudents jeudi en mettant en avant les difficultés que devront surmonter Séoul et Pyongyang pour rétablir une confiance quasi inexistante. «La Corée du Nord tente de prendre l'initiative, mais il est trop tôt pour dire si son offre débouchera sur un dialogue sincère», a réagi Yang Moo-Jin, professeur à l'université des études nord-coréennes de Séoul.

La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye s'est à plusieurs reprises déclarée ouverte au dialogue, avec le soutien de son allié américain, tout en répétant que Pyongyang devait, au préalable, renoncer à développer l'arme nucléaire conformément à ses engagements internationaux. Une condition inacceptable pour le régime communiste nord-coréen qui a systématiquement refusé de renoncer à son droit, souverain selon lui, à la dissuasion nucléaire. Outre la coopération économique, le Nord s'est dit enclin à évoquer, «si nécessaire», la reprise des efforts de réunion temporaire des milliers de familles séparées à la fin de la guerre. Les dernières rencontres de ce type ont été organisées par la Croix-Rouge en 2010.

(L'essentiel Online/afp)

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