Ligue des champions – Les deux pépites de la Real Sociedad

Publié

Ligue des championsLes deux pépites de la Real Sociedad

La reprise de volée acrobatique du Français Griezmann et le magnifique tir lointain du gauche décoché par le Suisse Seferovic ont assommé Lyon qui a confirmé qu'il n'avait plus l'étoffe pour jouer la plus grande des compétitions européennes.

C'est le Français Antoine Griezmann qui a donné l'avantage à l'équipe basque sur une reprise de volée acrobatique à la réception d'un centre délivré de l'aile gauche par le Mexicain Carlos Vela (17). Natif de Mâcon, à 70 kilomètres au nord de Lyon, Griezmann, 22 ans, qui venait souvent à Gerland, lorsqu'il était enfant, assister aux matches du «club de son cœur», avait effectué un essai infructueux à l'OL quand il avait 14 ans.

Ses qualités avaient été reconnues mais il n'avait pas fait l'unanimité pour être retenu à l'époque. Son but a récompensé une formation espagnole supérieure dans l'ensemble et qui a doublé l'écart en début de seconde période sur un magnifique tir lointain du gauche décoché par l'international suisse Haris Seferovic (2-0, 50e). Dominatrice dans l'entrejeu et supérieure dans la vitesse d'exécution, la Real Sociedad a très souvent mis en difficulté l'organisation défensive des Lyonnais.

Lyon n'y est plus

L'OL a certes été battu par le 4e du dernier championnat d'Espagne, mais pas par un ténor européen. L'équipe basque n'avait ainsi plus joué en Coupe d'Europe depuis février 2004 et son élimination en 8e de finale de la C1 par... Lyon (1-0, 1-0). La 12e place de l'Olympique lyonnais à l'indice UEFA, obtenue notamment au fil de ses 12 participations d'affilée à la C1 (2001-2012), ne correspond plus à la réalité affichée sur le terrain, mardi. Le qualité de jeu de la Real Sociedad a confirmé le déclin de l'OL, engagé dans un nouveau modèle économique et sportif depuis deux ans pour retrouver l'équilibre financier en 2014. Un modèle consistant à céder les joueurs onéreux pour réduire la masse salariale et à faire confiance aux jeunes issus du centre de formation, talentueux, certes, mais encadrés par quelques joueurs plus anciens venus de l'extérieur, à l'expérience aléatoire et au niveau parfois discutable.

Ainsi, les recrutements du milieu Gaël Danic, de Valenciennes ou encore de l'arrière droit portugais Miguel Lopes prêté par le Sporting Lisbonne, n'apportent pas de plus-value à un effectif compétitif pour jouer les places d'honneur en Ligue 1 mais pas sur la scène européenne, où seuls actuellement en France, Paris Saint-Germain, voire Marseille et prochainement Monaco pourront s'illustrer dans un proche avenir.
Faire plus avec moins. Et encore faut-il s'interroger sur la valeur du banc de touche en cas de blessures.
Par ailleurs, la gestion du mercato fera forcément débat et il faudra voir l'influence qu'aura une élimination sur les contours de l'équipe d'ici le 2 septembre.

Chiffre d’affaires en chute de 35%

Depuis le début de l'été, l'OL a déjà perdu l'attaquant Lisandro Lopez, cédé à Al-Gharafa Doha pour 7,2 millions d’euros après que l'équipe a franchi, péniblement, le 3e tour préliminaire devant Grasshopper Zürich (1-0, 1-0). Il se prive de l'avant-centre international français Bafétimbi Gomis, mis à l'écart du groupe pour ne pas avoir prolongé son contrat arrivant à terme en juin 2014, ni voulu être transféré dans des clubs moyens (Swansea, Cardiff, Newcastle, Kazan).

Lisandro et Gomis ont inscrit notamment 45% des buts de l'OL en Ligue 1 depuis deux ans et la nomination de Garde comme entraîneur. Leur absence amoindrit forcément l'ensemble alors qu'aujourd'hui, Alexandre Lacazette, 22 ans, et Yassine Benzia, 18 ans, portent sur leurs épaules l'attaque lyonnaise en se disputant le poste d'avant-centre. L'absence, très probable désormais, de Lyon en Ligue des champions pour la seconde saison d'affilée aura forcément un impact sur le chiffre d'affaires qui risque fort d'être encore en baisse en fin d'exercice. Il était de 211,6 millions d'euros en 2007/2008 pour 137,3 millions d’euros en 2012/2013 et un résultat net financier négatif annoncé de 19 millions d’euros (avant impôts).

«La mission n'est pas impossible mais difficile»

Jouer un 16e de finale d'Europa League a permis au club rhodanien de percevoir 7 millions d'euros, la saison dernière, contre au moins 25 à 30 millions d’euros pour une qualification en 8e de finale de la C1.

«Nous avons perdu un match mais aussi au Loto», a lâché, la mine défaite, Rémi Garde, en fin de conférence de presse, mardi. «Nous sommes tombés sur un adversaire plus fort que nous. La mission n'est pas impossible mais difficile. Je ne pourrai pas changer les joueurs...», a aussi déclaré l'entraîneur qui, chaque saison depuis sa prise de fonction en juin 2011, doit faire plus ou aussi bien avec moins sans jamais se plaindre, du moins publiquement.

(L'essentiel Online/AFP)

Ton opinion