Etude au Luxembourg – «Les discriminés ne se manifestent pas assez»

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Étude au Luxembourg«Les discriminés ne se manifestent pas assez»

LUXEMBOURG - Pour 40% des résidents luxembourgeois, les discriminations sont importantes au Grand-Duché. Le Centre pour l'égalité de traitement fait le point sur la situation.

Charles Margue, de l'Institut de sondage TNS-ILReS, et Nathalie Morgenthaler, chargée de direction au CET, ont présenté l'étude intitulée «Observatoire des discriminations 2015».

Charles Margue, de l'Institut de sondage TNS-ILReS, et Nathalie Morgenthaler, chargée de direction au CET, ont présenté l'étude intitulée «Observatoire des discriminations 2015».

L'essentiel/Frédéric Lambert

Depuis 2009, les discriminations n'évoluent ni positivement ni négativement au Luxembourg. C'est le principal enseignement de l'étude publiée ce jeudi matin par le Centre pour l'égalité de traitement (CET). «Mais quand 40% de notre échantillon estiment que les discriminations ont tendance à augmenter au Grand-Duché, nous ne pouvons nous satisfaire de ce résultat si on veut travailler pour une société plus juste et plus équitable», affirme Charles Margue, de l'Institut de sondage TNS-ILReS.

Appartenance ethnique, orientation sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes ou encore appartenance religieuse, l'étude intitulée «Observatoire des discriminations 2015», a pour but de faire un état des lieux de la diversité au Grand-Duché et de la promouvoir. «Les chiffres de notre sondage ne varient pas énormément par rapport aux deux études précédentes», reconnaît Nathalie Morgenthaler, chargée de direction au CET. «Mais nous déplorons que les victimes et les témoins des discriminations ne se manifestent toujours pas assez. C'est un travail de longue haleine. Pour que la discrimination diminue sur le long terme, nous devons donner les bons réflexes aux plus petits dès leur entrée à l'école».

«Nous devons mettre en place une vraie politique d'accueil et d'immigration»

Pour les besoins de ce sondage, un panel de 1 020 résidents âgés de 15 ans et plus a été interrogé. Le millier d'interviews a été effectué en ligne et par téléphone du 4 au 19 décembre 2014. «Nous avions déjà procédé de la sorte pour les précédentes études en 2009 et en 2011», rappelle Charles Margue. «Et une nouvelle fois, la question de la langue de l'autre demeure au centre des préoccupations pour celles et ceux qui ne sont pas luxembourgeois. Il est temps de lever un grand malentendu. Il faut dire aux étrangers qu'ils arrivent dans un pays trilingue où les langues luxembourgeoise, française et allemande sont importantes. Notre richesse, c'est la diversité».

«En quelques mois, on n'arrivera pas à mettre en place ce que l'on a oublié de construire en trente ans», conclut Charles Margue. «Nous devons mettre en place une vraie politique d'accueil et d'immigration. Près de 20 000 personnes arrivent chaque année au Luxembourg et la plupart désirent y rester. Pour éviter que les discriminations augmentent à l'avenir, l'État et les entreprises doivent rapidement prendre ces questions à bras-le-corps. Les communes et les associations n'y arriveront pas toutes seules». L'intégralité de l'étude est disponible en téléchargement en cliquant sur le lien suivant

Nathalie Morgenthaler, chargée de direction au CET

Charles Margue, responsable à l'Institut de sondage TNS-ILReS

(Frédéric Lambert/L'essentiel)

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