Procès LuxLeaks – «Les documents de PwC étaient d'accès facile»

Publié

Procès LuxLeaks«Les documents de PwC étaient d'accès facile»

LUXEMBOURG - Le procès LuxLeaks s'est ouvert ce mardi. Les débats ont porté sur les moyens dont les accusés ont usé pour accéder aux documents qui ont fuité.

Une bête faille informatique, dont ni les informaticiens ni l'auditrice interne de PwC Luxembourg n'avaient connaissance avant les fuites, a permis à Antoine Deltour de quitter son job dans le cabinet d'audit avec 2669 documents confidentiels. «Il y a accédé le 13 octobre 2010, la veille de son dernier jour, de 18h48 à 19h17», a affirmé Anita Bouvy, auditrice interne de PwC et premier témoin à être entendu lors du procès LuxLeaks, qui s'est ouvert ce mardi matin devant le tribunal de Luxembourg. Celle-ci a expliqué l'enquête interne menée au sein du cabinet d'audit pour déterminer d'où venaient les fuites de documents ayant donné lieu au scandale LuxLeaks.

L'enquête s'est vite centrée sur Antoine Deltour, aujourd'hui sur le banc des accusés. «Nous avons trouvé son blog sur lequel il faisait part de sa frustration devant la masse de travail. Il avait aussi publié un article intitulé "PwC m'a tué" et le blog montrait qu'il était contre les paradis fiscaux», a raconté la témoin. «Cela vous a fait prendre la mesure d'une disponibilité plus grande que vous ne le croyiez à ces documents», a demandé William Bourdon, un des avocats d'Antoine Deltour. «Oui», a répondu l'auditrice interne de Price. «Les documents étaient d'accès facile?» «Oui». Et d'ajouter que des mesures ont été prises depuis et que «ce genre de vol ne pourrait plus avoir lieu».

"100000dollarsausoleil@gmail.com"

Quelques mois plus tard, pourtant, Raphaël Halet sortait lui aussi des documents. Là encore, PwC a mené l'enquête en interne pour remonter jusqu'à l'accusé. Celui-ci finit par reconnaitre les faits devant ses employeurs d'alors. Il dit avoir transmis des documents liés à quatre grandes entreprises bien connues de l'opinion française. L'auditeur et le journaliste de cash investigation Edouard Perrin communiquent via une boite mail baptisée "100000Dollarsausoleil@gmail.com". Ces documents, techniquement, n'ont jamais été envoyés mais simplement enregistrés dans les brouillons de la boite mail à laquelle les deux hommes avaient accès.

Le procès «LuxLeaks» doit s'étaler sur six audiences, et durer jusqu'au mercredi 4 mai. Les accusés risquent jusqu'à 10 ans de prison et un million d'euros d'amende. Outre les deux anciens employés de PwC Luxembourg, le journaliste de «Cash Investigation» Édouard Perrin est également poursuivi. Le cabinet d'audit est lui partie civile. En revanche, aucune des sociétés à propos desquelles des informations ont fuité n'est représentée au procès.

(Jérôme Wiss/L'essentiel)

Ton opinion