Lycée saturé – Les élèves du LTPES bientôt triés sur le volet?

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Lycée saturéLes élèves du LTPES bientôt triés sur le volet?

MERSCH - L’école pour éducateurs doit faire face à un afflux exceptionnel d’étudiants. Rien que pour cette année, elle accueille 407 nouveaux élèves.

Le LTPES a admis cette année 407 nouveaux élèves… et dépasse de loin ses capacités maximales. L'enseignement risque d'en pâtir.

Le LTPES a admis cette année 407 nouveaux élèves… et dépasse de loin ses capacités maximales. L'enseignement risque d'en pâtir.

L’annonce avait suscité l’indignation et l’incompréhension: refuser les élèves qui passeraient leur examen de rattrapage, faute de place au LTPES (Lycée technique pour professions éducatives et sociales)? Telle est la décision qu’avait pris le ministère de l’Éducation nationale en juillet. Finalement, le ministère avait revu sa copie et annoncé que tous les élèves qui réussissaient leur ajournement seraient admis à la formation pour éducateurs. Résultat des courses: 407 nouveaux élèves ont été admis en septembre. Parmi eux, 38 élèves qui ont réussi les épreuves de rattrapage en septembre.

À savoir que pour l'année scolaire 2012/2013 l’établissement pensait déjà avoir atteint sa capacité maximale avec 332 nouveaux inscrits. En tout, ce sont 1 000 élèves qui espèrent se voir délivrer le diplôme d’éducateur après la formation qui s’étend sur trois années (12e, 13e, 14e). Et la polémique est loin d’être terminée. Car les classes sont saturées et les élèves n’ont pas pu choisir les langues. «C’est un défi pour nous, explique le directeur Henry R. Welschbillig à L’essentiel Online. Nous avons dépassé nos capacités maximales, que ce soit au niveau du personnel ou des salles de classe».

Les élèves auront-ils tous un stage?

Pour compenser la charge de travail supplémentaire, les enseignants dépassent actuellement le nombre d’heures normalement dispensées. Une solution provisoire à laquelle le lycée entend remédier avec l’accueil de nouveaux professeurs-stagiaires en avril, selon Welschbillig. Les classes de 12e comptent actuellement 29 élèves et restent à peine en dessous du seuil critique de 30 élèves par classe.

La question des stages s’avère également être un problème central, étant donné que chaque année, les élèves suivent six mois de stages dans des structures différentes pour acquérir l’expérience pratique nécessaire au bon exercice de leur métier. «Trouver 1 000 stages ne sera pas facile, admet le directeur, mais nous en avons déjà discuté avec le ministère et sommes prêts à relever ce défi».

Des examens d'entrée ou un numerus clausus?

Mais qu’adviendra-t-il des élèves désireux de suivre la formation d’éducateur à l’avenir si le seul lycée qui dispense la formation fait face à de tels problèmes? Les futurs candidates devront-ils se soumettre à des examens d’admission ou la sélection sera-t-elle établie sur base des notes obtenues? Le directeur du LTPES réfléchit déjà à des restrictions d’admissions, telles qu'elles existaient dans le système scolaire luxembourgeois dans les années 1980. Mais la loi les interdit depuis 1990…

Welschbillig n’a pas souhaité se prononcer sur la question et la ministre de l’Éducation nationale, Mady Delvaux-Stehres, qui se retirera de la politique après les élections, avait envisagé à la rentrée l’introduction d’un numerus clausus. Le LTPES serait alors le seul lycée public du pays à sélectionner ses élèves.

(sb/L'essentiel Online)

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