Travail au Luxembourg: Les employeurs ne veulent pas payer les nouveaux congés

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Travail au LuxembourgLes employeurs ne veulent pas payer les nouveaux congés

LUXEMBOURG – Les employeurs déplorent un surcoût du fait des nouveaux types de congés (aidant, force majeure) à venir.

par
Joseph Gaulier
Les employeurs craignent un surcoût et une réorganisation.

Les employeurs craignent un surcoût et une réorganisation.

DPA

«Le congé parental coûte très cher à l'État», a lâché mercredi Corinne Cahen, ministre de la Famille, lors d’un débat sur le sujet à la Chambre des députés. Précisément 283,5 millions d’euros l’an dernier, pour 11 636 bénéficiaires, d’après le rapport annuel du ministère. La question du coût a en effet été abordée lorsque les députés ont débattu de la possibilité d’étendre ce congé de six à neuf mois. «Nous savons que cela coûte beaucoup d'argent à l'État, mais nous le considérons comme un investissement», a réagi Michèle Senningen, l’une des pétitionnaires.

Alors que le gouvernement entend ajouter de nouveaux types de congés, la question est brûlante. Un projet de loi prévoit en effet d’ajouter la possibilité pour chaque salarié de disposer d’un jour par an pour «raisons de force majeure» et cinq jours pour le congé d’aidant. La prise en charge des congés paternité et parental sera quant à elle améliorée. Le but est de mieux concilier vie privée et professionnelle.

Contexte «déjà favorable au Luxembourg»

«En 2018, lorsqu’un jour férié et un jour de congé légal avaient été ajoutés, il y avait eu de vraies discussions. Cette fois, on ajoute jusqu’à six jours sans concertation», déplore Jean-Paul Olinger, directeur de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL). «Nous sommes dans une situation de manque de main-d’œuvre, alors qu’il y a une transition écologique et numérique à effectuer. Ce n’est donc pas le moment d’ajouter des congés», selon Jean-Paul Olinger.

Il rappelle que «le contexte en la matière est déjà favorable au Luxembourg, comparativement à d’autres pays». Le responsable craint «une désorganisation et un surcoût» pour les entreprises, le projet de loi portant la charge sur les employeurs, alors que la directive européenne dont il découle n’imposait pas de financement particulier.

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