Soutien «de principe» – Les eurodéputés votent pour l'Etat de Palestine

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Soutien «de principe»Les eurodéputés votent pour l'État de Palestine

Le Parlement européen a apporté mercredi son soutien «de principe», à la reconnaissance de l'État palestinien, mais sans appeler les États membres de l'UE à le faire.

Le Parlement européen n'invite pas les États membres à reconnaître la Palestine comme État.

Le Parlement européen n'invite pas les États membres à reconnaître la Palestine comme État.

AFP

Le Parlement européen «appuie en principe la reconnaissance de l'État palestinien et la solution fondée sur deux États», mais cela «devrait aller de pair avec le processus de paix, qui devrait être remis en marche», selon la résolution adoptée par 498 voix contre 88. Ce texte sans valeur contraignante a été élaboré par cinq groupes politiques du Parlement au terme de difficiles négociations. Les socialistes, les Verts et la gauche radicale souhaitaient appeler les États membres à reconnaître l'État palestinien, mais le PPE (droite), principale formation politique du Parlement, a pesé pour lier cette perspective à une relance des pourparlers de paix.

Ces différentes approches, entre ceux qui voient dans la reconnaissance de l'État palestinien un catalyseur pour la paix et ceux pour qui la paix doit être une condition préalable, avaient déjà conduit les eurodéputés à reporter leur vote en novembre. «Il n'y a pas de reconnaissance immédiate sans condition», a affirmé le président du groupe PPE, Manfred Weber. Son homologue socialiste, Gianni Pittella, a salué «une décision historique» et une «victoire de l'ensemble du Parlement».

Le compromis paraît en retrait par rapport aux initiatives récentes dans certains États membres. La Suède a ainsi reconnu l'État de Palestine et les Parlements luxembourgeois, français, britannique et espagnol, ont appelé à cette reconnaissance. Les eurodéputés, favorables «sans réserve à la solution des deux États, sur la base des frontières de 1967», ont mis en garde mercredi «contre les risques d'une nouvelle escalade de la violence impliquant des lieux saints, qui pourrait transformer le conflit israélo-palestinien en un conflit religieux». Ils ont appelé l'UE à adopter une position commune et à «devenir un véritable acteur et un médiateur dans le processus de paix au Proche-Orient». Le Parlement a décidé «d'engager une initiative intitulée "Parlementaires pour la paix" visant à rapprocher les parlementaires européens, israéliens et palestiniens» pour faire progresser les perspectives de paix.

(L'essentiel/AFP)

Réactions au Luxembourg

Les trois eurodéputés luxembourgeois du CSV, Viviane Reding, Georges Bach et Frank Engel, «se sont ralliés à cette position», a indiqué le parti juste après le vote. Le texte «supporte une résolution pacifique d'un drame qui a trop duré», selon eux. «L'approche du Parlement intègre les objectifs de sécurité de l'État d'Israël et d'indépendance d'un État palestinien et déclare que "la seule solution viable au conflit est la coexistence de deux États"».

Mady Delvaux-Stehres, eurodéputée du LSAP, estime quant à elle qu'en adoptant cette motion, «les eurodéputés entendent lancer un signal fort à l'adresse de la Palestine et d'Israël, un appel à la désescalade de violence».

Enfin, Charles Goerens, élu à Strasbourg sous l'étiquette DP, estime que «la résolution du PE ne constitue en aucun cas un diktat du Parlement européen aux Etats membres. En cela elle est rédigée de façon extrêmement prudente (...) Cette résolution, qui constitue avant tout un appel, est plus vague que les Dix Commandements, mais plus précise que l'oracle de Delphi».

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