A l'Etat islamique – Les familles dissuadées de payer des rançons

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À l'État islamiqueLes familles dissuadées de payer des rançons

L'administration américaine aurait fait pression sur les proches des deux journalistes décapités par l'État islamique, afin qu'elles ne versent pas d'argent contre la libération des otages.

Les familles des deux otages américains exécutés par l'État islamique (EI) ont affirmé que l'administration Obama avait évoqué la possibilité de poursuites judiciaires si elles tentaient de payer une rançon aux ravisseurs. L'éventualité de poursuites judiciaires a été évoquée par un responsable de la Maison Blanche chargé de la lutte antiterroriste, lors d'une réunion en mai avec les parents de Steven Sotloff, a indiqué le porte-parole de la famille Sotloff, Barak Barfi, à Yahoo News. Contacté par l'AFP, il a refusé de commenter l'information.

La loi américaine interdit le versement d'une rançon à une organisation considérée comme terroriste. «Ils se sont sentis complètement désarmés en entendant cela», a ajouté Barak Barfi, qui était un ami de Steven Sotloff. «Les Sotloff ont eu l'impression qu'ils ne pouvaient absolument rien faire pour aider Steve à être libéré», dit-il encore, notant que le père du journaliste, Art, tremblait à l'issue de cette réunion avec un responsable du Conseil de sécurité nationale du président Barack Obama.

John Kerry «surpris»

Jeudi déjà, la mère de James Foley, l'autre otage américain récemment décapité par les jihadistes de l'État islamique, avait déclaré avoir senti que le cas de son fils avait constitué une «gêne» pour l'administration américaine. Dans un entretien diffusé par la chaîne CNN, Diane Foley avait expliqué que sa famille avait été elle aussi menacée de poursuites si elle essayait de lever des fonds pour le versement d'une rançon aux ravisseurs de son fils. La famille a également été dissuadée «d'aller parler aux médias» et «rassurée sur le fait que l'on s'occupait du cas» du journaliste.

Les Sotloff «ont entendu la même chose que les Foley», a souligné Barak Barfi, dans sa déclaration à Yahoo News. Interrogé sur cette question vendredi, le secrétaire d'État John Kerry s'était dit «surpris», affirmant tout ignorer de l'existence de telles mises en garde de l'administration rapportées par Mme Foley. Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest avait de son côté refusé devant les journalistes de rendre compte de la conversation entre les responsables de l'administration et les familles, indiquant seulement: «Nous avons découvert que les organisations terroristes utilisent les otages et rançons comme une source essentielle de leur financement et payer des rançons ne fait que mettre davantage en danger d'autres Américains». La Maison Blanche avait ordonné une tentative de libération des otages, menée par plusieurs dizaines de membres des forces spéciales américaines en Syrie. Elle avait échoué, les otages ayant été déplacés peu auparavant dans un lieu inconnu.

(L'essentiel/AFP)

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