Au tribunal de Tunis – Les Femen ont été forcées de porter le voile

Publié

Au tribunal de TunisLes Femen ont été forcées de porter le voile

Les trois activistes européennes, en détention jusqu'à la reprise de leur procès le 12 juin, espèrent pouvoir s'exprimer «librement» à cette occasion contrairement à l'audience de mercredi.

«Nous espérons que mercredi prochain, elles pourront s'exprimer librement sur les faits qui leur sont reprochés», a-t-il dit, après avoir rendu visite aux deux Françaises et à l'Allemande jugées pour une manifestation seins nus le 29 mai à Tunis. Mercredi, elles n'avaient pu s'exprimer, le juge ayant levé l'audience immédiatement après avoir reçu une demande de constitution de partie civile d'avocat d'associations islamistes. Me Klugman a souligné que les jeunes femmes, poursuivies pour leur action de soutien à Amina Sbouï, une militante Femen emprisonnée, «n'avaient pas l'intention de violer la loi tunisienne mais d'attirer l'attention de l'opinion publique sur le sort de leur camarade». «Elles assument leur action», a-t-il ajouté.

L'avocat a par ailleurs souligné que les trois activistes avaient été laissées dans le flou concernant le résultat de l'audience de mercredi, personne n'ayant expliqué aux accusées la décision du juge de reporter le procès et de les maintenir en détention. «Elles n'avaient pas compris ce qui s'est passé hier, leur confusion était totale», a-t-il dit. Il a aussi dénoncé le fait que les trois jeunes femmes, qui risquent six mois de prison, aient été «forcées» de porter au tribunal le safsari, voile traditionnel tunisien, par le même officier de police qui les «avait violentées lors de leur arrestation». Concernant les conditions de détention dans la prison de la Manouba, en banlieue tunisoise, l'avocat a indiqué qu'elles sont «difficiles mais pas plus mauvaises que pour les autres détenues».

La Femen tunisienne Amina est pour sa part toujours détenue dans l'attente de son inculpation éventuelle pour profanation de sépulture lors d'une action de protestation anti-islamiste et d'atteinte aux bonnes mœurs. Le juge peut aussi considérer qu'elle agissait dans le cadre d'une bande organisée ce qui alourdirait considérablement les peines encourues

(L'essentiel Online/AFP)

Ton opinion