Sécurité nucléaire – Les fissures dans des centrales belges inquiètent

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Sécurité nucléaireLes fissures dans des centrales belges inquiètent

Les fissures découvertes en 2012 dans deux réacteurs nucléaires en Belgique, actuellement à l'arrêt, sont à la fois plus nombreuses et plus grandes que ce qu'avaient révélé les premières études.

La centrale de Tihange, près de Liège, est concernée par les fissures.

La centrale de Tihange, près de Liège, est concernée par les fissures.

AFP

Les deux centrales, Doel 3 et Tihange 2, près de Liège, sont à l'arrêt depuis le 25 mars 2014 afin de réaliser des tests supplémentaires sur leurs cuves, après la découverte de fissures à l'été 2012. Ces centrales du groupe Electrabel, filiale de GDF Suez, avaient déjà été stoppées pendant un an, de juin 2012 à juin 2013. Les fissures sont dues à l'action de l'hydrogène au moment de la fabrication des cuves en acier il y a plus de trente ans, affirment Electrabel et l'Autorité fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).

Une vingtaine de centrales nucléaires sur les quelque 430 qui fonctionnent dans le monde sont équipées des mêmes cuves. De nouvelles études, et notamment une nouvelle inspection par ultrasons plus fine, ont récemment révélé un nombre bien plus élevé de fissures dans les deux centrales belges. Celle de Doel en compte environ 13 000 (contre 8 000 selon les précédentes estimations) et la centrale de Tihange 3 150 (contre 2 000), selon Electrabel.

L'AFCN décidera si les centrales redémarrent

Par ailleurs, le groupe a dû revoir à la hausse la taille des fissures, qui pour les plus grandes atteignent 18 centimètres (contre un maximum de 9 cm en 2012) à Doel 3, et 15,5 cm (contre 6 cm au plus en 2012) pour Tihange 2. Electrabel et l'AFCN relativisent ces informations, soulignant qu'elles découlent en partie d'une nouvelle méthode d'interprétation des données recueillies, et ne traduisent en rien «une évolution», à savoir l'apparition de nouvelles fissures depuis 2012. Les inquiétudes demeurent toutefois sur la fragilité «inattendue» de la paroi de ces cuves fissurées après irradiation, révélée par certaines expériences en laboratoire menées par le groupe.

En cas d'incident nécessitant d'injecter de l'eau froide dans le réacteur, cela pourrait provoquer une rupture de la paroi et donc l'écoulement de liquide hautement radioactif. L'AFCN a demandé des études supplémentaires à Electrabel pour écarter tout risque de ce genre. Les résultats doivent être passés au crible par un comité d'experts internationaux fin avril, puis un rapport final sera remis à l'AFCN, qui devra décider, après avoir elle-même consulté un laboratoire indépendant, si les centrales peuvent redémarrer ou doivent être définitivement arrêtées. Electrabel a déjà prévenu que cette décision ne doit pas être attendue avant le mois de juillet.

(L'essentiel/AFP)

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