Politique au Luxembourg – Les frais kilométriques ne seront pas adaptés
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Politique au LuxembourgLes frais kilométriques ne seront pas adaptés

LUXEMBOURG - Les députés ont discuté mardi d'une compensation supplémentaire pour la taxe carbone. Mais la motion en ce sens a été rejetée.

Le ministre conteste l'expression de «flambée du prix des carburants».

Le ministre conteste l'expression de «flambée du prix des carburants».

Editpress/Archives / Alain Rischard

La mise en place de la taxe carbone, le 1er janvier dernier, ne sera pas compensée par une adaptation des frais kilométriques entre le domicile et le travail, déductibles des impôts. La motion en ce sens du député Gilles Roth (CSV) a été refusée mardi à la Chambre, les 31 députés de la majorité ayant voté contre. Le député invitait à appliquer cette réforme à partir de 2022, en tenant compte «des critères de l'aménagement du territoire et de critères sociaux et professionnels».

Le débat se tenait dans le contexte de «flambée du prix des produits pétroliers» dénoncée par Gilles Roth, qui a calculé qu'un plein d'essence coûtait une vingtaine d'euros de plus en mai 2021 qu'en mai 2020. Il a aussi évoqué le prix du mazout de chauffage, passé en un an de 33 à 73 centimes d'euro par litre, «ce qui pèse sur le budget de nombreux ménages».

Une flambée contestée

«Nous avons déjà des mesures d'accompagnement. Il n’y a aucun pays de l’UE dans lequel la taxation du CO2 est faite de manière aussi sociale», a clamé Claude Turmes (Déi Gréng), ministre de l'Énergie. Il a aussi listé la politique du gouvernement «en matière de transports publics, de construction de pistes cyclables, de primes pour les voitures utilisant des énergies non fossiles, d'aides pour la rénovation, etc.» Tout cela «va dans le sens d'une réduction de la consommation de pétrole». Le ministre a par ailleurs contesté l'expression de «flambée du prix des produits pétroliers», car le député établissait un comparatif avec les prix pratiqués en mai 2020, alors exceptionnellement bas.

Introduite cette année, la taxe carbone a fixé le prix du CO2 à 20 euros la tonne, un montant qui sera porté à 25 euros en 2022, puis à 30 euros en 2023. Au total, elle engendrera 140 millions d'euros de recette, avait calculé le Statec juste avant son application. Mais cela dépend du changement de comportement des consommateurs, notamment l'ampleur de la réduction du tourisme à la pompe. De plus, l'introduction de la taxe a été accompagnée d'une augmentation du crédit d'impôt.

(jg/L'essentiel)

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