Elections législatives: Mélenchon va-t-il parvenir à devenir Premier ministre?

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Élections législativesMélenchon va-t-il parvenir à devenir Premier ministre?

Les Français de métropole ont commencé, dimanche à huit heures, à voter pour le premier tour des élections législatives qui met aux prises la coalition soutenant Macron et la gauche revivifiée derrière Mélenchon.

A vandalized electoral campaign poster depicting France's President and La Republique en Marche (LREM) candidate for re-election Emmanuel Macron is covered by a campaign poster of French leftist party La France Insoumise (LFI) presidential candidate Jean-Luc Melenchon which reads as :"Another world is possible" in Paris, on April 19, 2022. - Melenchon, third man in the first round of the presidential election who collected 21.95% of the votes on April 10, declared on April 19, 2022, he asked "French people to elect him as Prime Minister" for voting for a "majority of Insoumis" and members of the Popular Union" in June legislative elections. (Photo by JOEL SAGET / AFP)

Méléchon va-t-i réussir son pari de devenir Premier ministre?

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L'abstention massive redoutée - plus de 50% sans doute des 48 millions d'électeurs - pourrait arbitrer le match par procuration entre le chef de l'État et le troisième homme de la présidentielle, désormais patron de la gauche, tandis qu'à l'extrême droite, le RN de Marine Le Pen affiche des ambitions mesurées.

L'alliance de gauche Nupes (LFI, PCF, PS et EELV) se présente au coude à coude dans les intentions de vote avec Ensemble!, coalition macroniste de LREM/Renaissance, du MoDem et d'Horizons. Mais au second tour dimanche 19 juin, les réserves de voix pourraient faire défaut à la Nupes pour aller chercher la victoire, à moins d'une mobilisation forte des abstentionnistes du premier tour. L'abstention aux législatives n'a fait que progresser depuis le scrutin de 1993, passant de 31% cette année-là à 51,3% en 2017. Elle touche en premier lieu les jeunes et les catégories populaires.

Pour Macron, le risque d'une majorité relative

Les derniers sondages publiés vendredi placent Ensemble! en tête en nombre de députés, mais pas nécessairement avec la majorité absolue -289 sièges sur 577- que la macronie détenait dans la précédente Assemblée nationale élue en 2017. Si Emmanuel Macron n'obtenait qu'une majorité relative, il serait contraint de composer avec les autres groupes parlementaires pour faire approuver ses textes de loi.

La situation s'est déjà produite en 1988, après la réélection de François Mitterrand. Son Premier ministre Michel Rocard avait ensuite dû composer, laborieusement, des majorités éphémères pour chaque projet. Il avait aussi recouru souvent à l'article 49-3 de la Constitution, un procédé permettant de faire adopter sans vote un texte de loi, dont l'utilisation a depuis été restreinte. Si, cas de figure le moins probable, la Nupes de Jean-Luc Mélenchon remportait la majorité absolue, Emmanuel Macron serait privé de pratiquement tous ses pouvoirs.

Le «troisième tour» de Mélenchon

C'est avec cet objectif en tête que Jean-Luc Mélenchon n'a cessé de répéter qu'il voulait faire de ces législatives «un troisième tour» qui lui permettrait d'être «élu Premier ministre». Emmanuel Macron, qui a effectué quatre déplacements au cours de la campagne, a choisi lui de se poser, comme lors de la présidentielle, en rempart contre «les extrêmes».

Pointant le manque de crédibilité, selon lui, de la Nupes sur le plan économique, il réclame une majorité «forte et claire» afin de pouvoir mettre en oeuvre son programme. En comptant la Première ministre Elisabeth Borne, quinze membres du gouvernement sont en lice aux législatives et devront quitter l'exécutif en cas de défaite, conformément à une règle non écrite mais déjà appliquée en 2017 par Emmanuel Macron.

Le RN espère des conquêtes

Après que Marine Le Pen a engrangé plus de 40% des voix au second tour de la présidentielle, le Rassemblement national est, selon les sondages, distancé par la Nupes et Ensemble! en vue des législatives. Il pourrait toutefois obtenir entre 20 et 40 députés, contre 8 élus en 2017, et ainsi constituer un groupe parlementaire pour la première fois depuis 1986.

Le RN, fort en PACA et dans les Hauts-de-France, espère avoir des élus dans de nouvelles régions, comme le Grand Est, l'Occitanie, voire la Nouvelle-Aquitaine. Dans ce camp, l'ex-candidat à la présidentielle Eric Zemmour nourrit lui aussi, dans le Var, l'espoir d'être élu député. Il pourrait être le seul de Reconquête!, son parti.

Très haut risque pour la droite traditionnelle

Enfin ces législatives s'annoncent à très haut risque pour la droite traditionnelle des Républicains (LR), pilier pendant des décennies de la vie politique française, mais loin du pouvoir depuis 2012, et dont la candidate Valérie Pécresse a obtenu moins de 5% des voix à la présidentielle.

Près de 6 300 candidats briguent les 577 sièges, soit 20% de moins qu'en 2017, du fait notamment de l'accord à gauche. Ceux qui ne seront pas élus dimanche soir devront, pour accéder au second tour du 19 juin, soit arriver dans les deux premiers de leur circonscription, soit obtenir les voix de 12,5% des électeurs inscrits.

(AFP)

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