Chômage au Luxembourg – Les frontaliers bientôt indemnisés par l'Adem?

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Chômage au LuxembourgLes frontaliers bientôt indemnisés par l'Adem?

LUXEMBOURG - Le Luxembourg pourrait être contraint par Bruxelles de verser des prestations aux frontaliers qui ont perdu leur travail. Un mécanisme qui pourrait s’avérer coûteux.

L'État luxembourgeois participe déjà aux allocations versées durant les trois premiers mois de chômage.

L'État luxembourgeois participe déjà aux allocations versées durant les trois premiers mois de chômage.

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La Commission européenne a présenté mardi une proposition visant à établir «un lien plus étroit entre l'endroit où les contributions sont payées et celui où les allocations sont réclamées, pour s'assurer d'une répartition équitable de la charge entre les États membres». Une réforme qui pourrait donc concerner directement les quelque 170 000 frontaliers du Grand-Duché. Elle prévoit notamment que l'État membre dans lequel les frontaliers travaillent et cotisent depuis un an doivent prendre en charge des éventuelles indemnités chômage.

«Si un frontalier perd son travail, il reçoit aujourd’hui des prestations de son pays d’origine», explique Nico Fehlen, du ministère luxembourgeois du Travail. Des indemnités en général beaucoup moins importantes que celles qui sont versées aux chômeurs résidents. Le fonctionnaire relève toutefois que le Grand-Duché participe financièrement lors des trois premiers mois de chômage en Allemagne, en France et en Belgique. Cela représente un budget de 38 millions d’euros par an.

«Problèmes pratiques»

Avec la nouvelle réglementation, le Luxembourg devrait prendre en charge l’intégralité de l’indemnisation. Pour une addition forcément beaucoup plus salée. «La Commission avance le chiffre de 57 millions d’euros. Mais tout cela reste hypothétique car cela dépend de la vitesse à laquelle le chômeur indemnisé retrouve du travail».

Outre des interrogations financières, cette proposition de Bruxelles pose des «problèmes pratiques»: l’Adem aurait en effet beaucoup de mal à suivre et «contrôler» des demandeurs d’emploi à l’étranger. «Il s’agit là aussi d’une question d’égalité».

(Tobias Senzig/L'essentiel)

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