Vérino – «Les gens ont vraiment besoin de rire»

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Vérino«Les gens ont vraiment besoin de rire»

DIFFERDANGE - L'humoriste Vérino jouera son nouveau one-man-show «Focus», à Differdange, lundi. Le Nancéien s'est confié, pour «L'essentiel», sur ces derniers mois sans public.

«La crise sanitaire nous lie en ce moment, le rire vient de ce qui lie les humains entre eux».

«La crise sanitaire nous lie en ce moment, le rire vient de ce qui lie les humains entre eux».

Pascal Ito

Vérino, qui avait fait son retour sur scène en septembre 2020 avec «Focus», a finalement dû reporter sa tournée. Après avoir réalisé quatre représentations à Paris, la crise sanitaire et le couvre-feu n'ont plus permis à l'artiste de jouer. Le lundi 1er mars, l'humoriste originaire de Nancy, viendra présenter son nouveau one-man-show à l'Aalt Stadhaus de Differdange, avec des conditions sanitaires strictes, puisque seulement 30 personnes y assisteront.

Vous êtes originaire du Grand Est, venir au Luxembourg vous rappelle des souvenirs?

Même si le Luxembourg se trouvait à environ 1h30 de chez moi, je ne le connais pas beaucoup. Pour moi, c'est un pays rigolo tout petit où il y a de l'argent (rire). Ma mère y travaillait en tant que professeure de droit et s'y rendait très souvent quand j'étais adolescent. J'ai peut-être dû m'y rendre deux fois: la première fois, c'était à Differdange pour l'Inglorious Comedy Club, il y a deux ans. La seconde, c'était au début de ma carrière, je me rappelle avoir joué dans un bar-boîte de nuit qui s'appelle le Ikki, un excellent souvenir!

Comment s'est passé votre confinement loin du public?

J'ai eu de la chance puisque je suis marié et j'ai trois enfants. Même si je n'ai pas pu faire mon métier et que ça m'a manqué terriblement, il y a des gens qui vivent des trucs bien pires et qui perdent des proches. J'ai donc décidé de me recentrer, j'ai tout abandonné. J'ai pris quelques mois pour ne pas être dans la course vers la survie. Je ne voulais pas écrire aux gens pour dire: «Ne vous inquiétez pas je suis encore là». Je me suis dis que j'allais disparaître et laisser les gens vivre ce qu'ils ont à vivre. Je suis très heureux d'avoir pris ce temps-là. Le confinement m'a appris à travailler quand j'étais disponible et arrêter quand je suis avec mes enfants.

Le public vous a manqué?

Énormément, il y a un vrai manque mais dont on ne se rend pas vraiment compte. Je ne veux pas être égocentrique, on a le droit d'avoir ce manque de public. Je ne peux pas dire que j'étais malheureux, mais plutôt moins heureux qu'avant. Remonter sur scène et envoyer du rire, ça reste vital pour moi. C’est bon pour la société et l’humain a besoin de ça.

Rira-t-on de la crise sanitaire dans ce nouveau spectacle?

C'est indispensable d'être en prise avec ce qui se passe dans le monde et la crise du Covid-19 est difficile à ignorer. C'est quelque chose qui nous lie en ce moment et le rire vient de ce qui lie les humains entre eux. Aujourd'hui, on ne peut pas monter sur scène en disant «Coucou ça va?», «bah non, ça ne va pas». Je pense que le rire est là pour accompagner les périodes de souffrance et de crise. Je vais en parler sans être chiant, enfin j'espère (rire).

Si vous aviez des conseils à donner à quelqu'un qui veut devenir humoriste, quels seraient-ils?

Devenir humoriste est beaucoup plus facile que ce qu'on pense. Ce qui est plus compliqué, c'est d'en vivre. Être un humoriste, c'est prendre un papier, écrire une blague et aller la jouer. Rien ne nous en empêche, c'est faisable. La difficulté de ce métier est le nombre de barrières que l'on imagine. Si l'objectif est de faire l'Olympia (NDLR: salle de spectacle à Paris) évidemment, c'est compliqué, mais si le but est d'être humoriste, c'est très simple. Depuis tout petit, je voulais être humoriste, mais pas être connu. Maintenant, j'adore pouvoir en vivre. Le conseil que je donnerais est de ne pas avoir peur de créer, on est souvent nul (rire), mais ce n'est pas à nous de décider.

(Propos recueillis par Marine Meunier/L'essentiel)

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