Critiques – Les Golden Globes pourraient-ils disparaître?
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CritiquesLes Golden Globes pourraient-ils disparaître?

«NBC» ne diffusera pas la cérémonie des Golden Globes l’an prochain. L’Association de la presse étrangère d’Hollywood est critiquée pour son manque de diversité.

Warner Bros pointe du doigt des «conférences de presse où nos artistes ont été confrontés à des questions racistes, sexistes et homophobes».

Warner Bros pointe du doigt des «conférences de presse où nos artistes ont été confrontés à des questions racistes, sexistes et homophobes».

Arturo Holmes

Les Golden Globes sont-ils menacés de disparition? La chaîne américaine NBC a annoncé lundi, qu’elle ne diffuserait pas l’an prochain la cérémonie de remise de ces prestigieuses récompenses, dont les organisateurs ont été vivement critiqués par les studios et stars d’Hollywood pour leur bilan en matière de diversité et de transparence.

L’Association de la presse étrangère d’Hollywood (HFPA en anglais), un groupe d’environ 90 journalistes qui constituent le jury des Golden Globes, a annoncé la semaine dernière qu’elle avait adopté une série de réformes pour améliorer sa représentativité et tenter d’apaiser la polémique alimentée depuis des mois par des accusations de discrimination, de sexisme voire de corruption à l’encontre de certains membres.

En janvier 2023?

Mais ces assurances n’ont pas convaincu l’industrie du divertissement et les reproches ont continué à pleuvoir tout le week-end, jusqu’à la décision fatidique du diffuseur NBC. «Nous continuons à croire que la HFPA est déterminée à se réformer de manière significative. Cependant, un changement d’une telle ampleur demande du temps et du travail et nous avons la nette impression que la HFPA a besoin de temps pour faire cela correctement», a expliqué la chaîne dans un communiqué, lundi. «Par conséquent, NBC ne diffusera pas l’édition 2022 des Golden Globes», ajoute-t-elle, soulignant avoir «bon espoir de diffuser le spectacle en janvier 2023» si les organisateurs mettent en œuvre leur programme de réformes.

L’annonce est un coup dur pour les Golden Globes, dont le financement dépend beaucoup des droits de retransmission de la cérémonie, et certains observateurs de l’industrie du divertissement craignent qu’ils ne puissent pas s’en relever.

Série de mesures

La plupart des membres de la HFPA sont des correspondants travaillant régulièrement pour des médias connus et respectés dans leur pays, comme le Figaro ou El País. Mais la réputation de ce très inhabituel jury a pâti par le passé de la présence d’une poignée de personnalités plus surprenantes, à l’activité journalistique épisodique et confidentielle. Surtout, l’organisation a été à de multiples reprises critiquée pour le peu d’attention accordée aux artistes noirs ou issus de minorités, souvent snobés dans les palmarès des Golden Globes.

Jeudi, les membres de l’association ont majoritairement approuvé une série de mesures, parmi lesquelles une augmentation de leur effectif de 50% dans les 18 prochains mois, avec notamment le recrutement de journalistes noirs, ainsi que la réforme du système opaque et restrictif régissant les admissions.

Vote majoritaire

«Le vote très majoritaire pour réformer l’Association réaffirme aujourd’hui notre détermination au changement», avait déclaré le président de la HFPA, Ali Sar. «Parce que nous comprenons l’urgence et l’enjeu de la transparence, nous mettrons continuellement à jour nos membres au fur et à mesure que nous progresserons pour rendre notre organisation plus inclusive et plus diverse», écrit-il.

Cela n’a toutefois pas suffi à convaincre Hollywood. Netflix et Amazon Studios ont tous deux affirmé ne plus souhaiter travailler avec la HFPA tant que des changements «significatifs» n’auraient pas été accomplis tandis que les studios Warner Bros ont écrit lundi à Ali Sar pour se plaindre que le programme de réformes de la HFPA n’allait «pas assez loin». Jusqu’à nouvel ordre, les filiales cinéma et télévision de Warner vont «s’abstenir de toute interaction directe» avec l’organisation, y compris concernant la participation de vedettes à des événements organisés par la HFPA.

En outre, Warner Bros pointe du doigt des «conférences de presse, où nos artistes ont été confrontés à des questions racistes, sexistes et homophobes. Depuis bien trop longtemps, des demandes d’avantages, de faveurs spéciales et des demandes non professionnelles ont été adressées à nos équipes et à d’autres personnes» du secteur.

(L'essentiel/afp)

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