Bande dessinée - Les immigrés portugais ont vécu des hauts et des bas
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Bande dessinéeLes immigrés portugais ont vécu des hauts et des bas

«Les Portugais» revient sur l’histoire des travailleurs qui ont fui leur pays dans les années 1970. Ils ont rencontré des difficultés mais aussi connu des joies.

par
Joseph Gaulier
(L'essentiel)

«Les immigrés portugais ont vécu des histoires extraordinaires, bien qu’eux-mêmes pensent souvent que cela n’était pas grand-chose», résume Olivier Afonso, scénariste d’un album sobrement intitulé «Les Portugais». Lui-même d’origine portugaise, il a voulu témoigner de ce qu’ont connu ses parents lorsqu’ils ont échappé à la dictature de Salazar dans les années 1970 pour s’installer en France. Dans le récit à forte tendance biographique, il a intégré «énormément de choses vraies», qui sont arrivées à ses parents ou aux membres de sa famille.

Le personnage principal, Mario, rencontre Nel lors de son voyage du Portugal vers Paris. Lorsqu’ils arrivent, en réalité dans une lointaine banlieue, le quotidien n’est pas rose. Ils sont cantonnés à des missions dans la construction, sous les ordres d’un chef français peu scrupuleux et prêt à toutes les magouilles. Les deux compères habitent un baraquement insalubre avec d’autres membres de la communauté. «Plein de personnes m’ont parlé de la difficulté du quotidien. Mais ils ne se plaignaient pas, cette population reste discrète», reprend Olivier Afonso.

Un regard extérieur

L’auteur n’a «pas voulu présenter un récit larmoyant», car tout n’était pas sombre. «Ils étaient exploités, mais au milieu de cela, il y avait de la fraternité et de l’amour», lance-t-il. La relation avec Eva, une jeune Portugaise qui a connu un parcours similaire, rythme aussi l’album. La question de l’intégration est aussi abordée, mais Olivier Afonso assure ne pas l’avoir fait en réaction aux débats actuels en France: «Ce thème a toujours été d’actualité, je pense. Savoir d’où l’on vient est toujours un sujet intéressant».

Avec ce très bel ouvrage, le scénariste a voulu que «les gens découvrent une communauté qu’ils croient connaître». Le récit est appuyé par les traits fins et soignés de Chico, qui malgré son pseudonyme, n’a aucune origine portugaise. «Nous avons travaillé le découpage et les dialogues ensemble. Il m’a apporté un regard extérieur», conclut l’auteur.

• «Les Portugais». Olivier Afonso et Chico. Les Arènes, 21,90 euros.

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