Crédit mutuel-CIC – Les journalistes avaient accès à vos comptes
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Crédit mutuel-CICLes journalistes avaient accès à vos comptes

Des centaines de rédacteurs ont pu consulter les transactions effectuées par les clients du Crédit mutuel-CIC, selon les révélations effectuées mercredi par «Le Canard Enchaîné».

L'ensemble des journalistes des journaux du groupe Ebra, propriété du Crédit Mutuel-CIC, ont pu consulter des milliers de données bancaires, selon «Le Canard Enchaîné».

L'ensemble des journalistes des journaux du groupe Ebra, propriété du Crédit Mutuel-CIC, ont pu consulter des milliers de données bancaires, selon «Le Canard Enchaîné».

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Relevés bancaires, contrats d'assurance ou ordres d'achat et de vente d'or. Voici quelques-unes des données bancaires auxquelles ont eu accès l'ensemble des journalistes français du groupe Ebra, détenu par le Crédit mutuel-CIC, pendant plusieurs mois, à en croire «Le Canard Enchaîné» de mercredi. Des milliers de données hautement confidentielles disponibles en quelques clics grâce au logiciel interne commun à toutes les rédactions du groupe au travers de fenêtres spéciales, apparues au cours de 2011.

Intitulées «CIC banques», «CIC International» ou bien encore «Cofidis France», ces fenêtres permettaient aux rédacteurs du Républicain Lorrain, de L'Est Républicain ou des Dernières Nouvelles d'Alsace de mettre à jour le secret bancaire de milliers de clients de la banque. Et parmi les comptes, le journal satirique évoque ceux de Baudouin Prot, et de Frédéric Oudéa, patrons respectifs de BNP Paribas et de la Société générale.

Système «pour faire des économies»

Mais parmi les données accessibles aux journalistes, celle de 400 noms risque de faire du bruit: celle des clients ayant acheté de l'or au cours de ces dernières semaines. Le logiciel permettait ainsi de consulter sans aucune difficulté les noms, prénom, numéro de compte, date de livraison du précieux métal ainsi que le montant des transactions. Et ce, pour des montants allant de 59 à 521 000 euros. Une vraie mine d'or pour des personnes mal intentionnées…

Selon un expert informatique, cité par le journal satirique, cette bévue peut s'expliquer par le fait que «ces andouilles ont dû tout relier sur le même réseau, en fournissant à leurs employés - de banque ou de presse - le même logiciel et en oubliant d'appuyer sur le bouton qui empêche le partage de fichiers. En fait les grosses sociétés ont recours à ce genre de système risqué par souci d'économie…». De son côté, la direction du Crédit mutuel, assure que cette faille ne résulte «d'aucun bug (…) mais d'un acte de malveillance pure!».

(Jmh/L'essentiel Online)

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