«Les journaux gratuits provoquent des changements rapides»

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«Les journaux gratuits provoquent des changements rapides»

L’étude TNS-Ilres publiée mercredi dernier, révélant que L’essentiel est le premier quotidien luxembourgeois chez les 15-34 ans, fait polémique. Eclaircissements avec Luc Biever, directeur d’études à TNS-Ilres.

L’essentiel est le premier quotidien luxembourgeois chez les 15-34 ans. (Editpress)

L’essentiel est le premier quotidien luxembourgeois chez les 15-34 ans. (Editpress)

L’essentiel: Léon Zeches, directeur général du groupe Saint-Paul, éditeur du gratuit Point 24, dénonce sur paperjam.lu «une étude privée», sous-entendant qu’elle n’a pas beaucoup de valeur. Il dit attendre les résultats de l’étude «TNS-Ilres Plurimédia 2007-2008»...
Luc Biever: D’abord, l’étude Plurimédia est également privée, à la seule différence qu’elle est commanditée par les grands acteurs de la presse luxembourgeoise et sert de référence aux acteurs du marché. Mais chacun l’exploite à sa façon. Ainsi, le communiqué de la semaine dernière diffusé par L’essentiel présente un point-de-vue légitime fondé sur des chiffres objectifs.

Justement, Léon Zeches parle de «chiffres imprécis»…
Le communiqué manque certes de précision. Alors je précise: lorsqu’on affirme que 37,1% des lecteurs entre 15 et 34 ans lisent L’essentiel, il s’agit du «lectorat jour moyen». En clair, 37,1% de cette tranche d’âge a lu le journal la veille.

En outre, nous avons repris exactement les mêmes questions et méthodologies que celles utilisées dans l’étude Plurimédia, même si l’échantillon est plus petit (500 contre 3000) et la durée sur le terrain plus courte. Enfin, il n’y a pas eu de campagne de promotion particulière durant l’enquête, ce qui aurait faussé les résultats.

Avez-vous inclus tous les journaux dans cette étude?
Tous les quotidiens luxembourgeois et étrangers ont été pris en compte. Si le Wort avait commandé cette étude, nous ne nous y serions pas pris différemment.

Faire cette étude à peine quatre mois après le lancement des gratuits, ce n’est pas un peu trop tôt?
Non. Ces chiffres décrivent un instant précis dans le développement de L’essentiel et doivent être analysés comme tels. Léon Zeches avance que cette étude arrive trop tôt et que les évolutions dans les médias sont lentes. Dans le cas présent, je pense qu’il a tort. En effet, l’apparition de ce nouveau média, gratuit et distribué par de nouveaux canaux, provoque des changements rapides. Et ils créent de nouveaux lecteurs.

Propos recueillis par Guillaume Guichard

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