Chômage des jeunes – «Les langues, désespoir de nombreux jeunes»
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Chômage des jeunes«Les langues, désespoir de nombreux jeunes»

LUXEMBOURG - Que faire face au niveau élevé du chômage des jeunes? «L'essentiel» a interrogé le ministre de l’Éducation, Claude Meisch.

«La lutte contre le chômage des jeunes est la principale priorité du gouvernement de Xavier Bettel», rappelle Claude Meisch.

«La lutte contre le chômage des jeunes est la principale priorité du gouvernement de Xavier Bettel», rappelle Claude Meisch.

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Si la Commission européenne a rendu un avis globalement positif sur le budget prévisionnel du Luxembourg, elle s'est néanmoins inquiétée du niveau élevé du chômage chez les jeunes. Contacté par L'essentiel, Claude Meisch réagit à cette recommandation et nous expose son plan d'action.

L'essentiel: À quel point le chômage des jeunes vous préoccupe-t-il?
Claude Meisch: La lutte contre le chômage des jeunes est la principale priorité du gouvernement de Xavier Bettel. Il est malheureusement vrai que beaucoup de jeunes dans ce pays ont pu passer à travers les mailles du système éducatif et se retrouvent en difficulté, sans qualifications réelles. La formation professionnelle, qui a été réformée en 2008, a finalement apporté plus de problèmes que prévu. Nous devons mieux organiser le Modulaire, actuellement beaucoup d'élèves de ces filières ne parviennent pas à trouver un travail. Il est aussi important que nous reconnaissions les points forts de chaque élève tôt pour mieux préparer chacun le monde du travail.

Quelles sont les mesures concrètes que vous allez mettre en œuvre?
Des sessions d'orientation professionnelle sont déjà offertes au Luxembourg dans environ la moitié des écoles secondaires. Mais, ces aides restent un peu trop diffuses. Le gouvernement veut aller plus loin et créer un cadre juridique afin de mieux orienter les jeunes vers leur avenir professionnel.

Près de la moitié des jeunes chômeurs au Luxembourg sont issus de l’immigration. Pour eux, le multilinguisme reste un problème à Luxembourg. Comment résoudre ces difficultés?
La diversité linguistique est l'une des grandes forces de Luxembourg et nous voulons la maintenir. La question est de savoir s’il est logique de concentrer les sujets techniques essentiellement sur une langue. Pour beaucoup de jeunes gens - en particulier ceux qui ne sont pas dans le pays depuis longtemps – cela peut être difficile. Je pense qu'il est important que les jeunes disposent d’une qualification professionnelle plutôt que de maîtriser toutes les langues à la perfection. Nous devons offrir plus de liberté de choix.

Comment les écoles peuvent-elles mieux répondre aux besoins des jeunes issus de l'immigration?
Je suis très attaché à l'autonomie de l'école. Je pense que chaque école doit décider par elle-même. Mais je pense aussi que nous devons mieux répondre aux besoins des enfants d'immigrés et je ne veux pas les abandonner.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune immigré de 15 ans qui s’installe au Luxembourg et a du mal à maîtriser les langues du pays?
Il aura probablement du mal à apprendre les trois langues. Beaucoup d'adolescents échouent face à ce défi. Je lui conseillerais probablement de renoncer à l'objectif de maîtriser toutes les langues parfaitement mais d’acquérir des diplômes et des qualifications professionnelles.

Faut-il que les parents soient plus conscients de leurs responsabilités à enseigner à leurs enfants la maîtrise de la langue?
Peu importe quelle langue est parlée à la maison. Il est plus important que les parents parlent à leurs enfants. J'aime mieux qu’une famille se retrouve dans la cuisine en parlant portugais, plutôt que de laisser l'enfant seul face à une émission de télévision allemande. Pour apprendre une autre langue, il faut d’abord maîtriser un vocabulaire spécifique dans sa langue maternelle. Ensuite, l'apprentissage d'autres langues devient plus facile.

Faut-il réformer le Modulaire? Beaucoup de parents considèrent cette filière comme un pis-aller.
Les cours du Modulaire valent mieux que leur réputation. La moitié des élèves du Modulaire trouvent plus tard un poste d'apprentissage. Mais il est vrai que pour l'autre moitié,nous devons redoubler d'efforts pour aider ces jeunes.

(Jörg Tschürtz/L'essentiel)

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