Pilotes gênés – Les lasers, «un vrai danger pour les pilotes»
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Pilotes gênésLes lasers, «un vrai danger pour les pilotes»

LUXEMBOURG – L’affaire du laser qui a gêné un pilote Luxair a fait réagir les spécialistes de l’aviation et les autorités. Ces engins ne sont pas autorisés à la vente au public.

Luxair a confirmé que l'un de ses appareils avait été perturbé par un laser mercredi soir.

Luxair a confirmé que l'un de ses appareils avait été perturbé par un laser mercredi soir.

Editpress/Jean-Claude Ernst

En plus des dangers inhérents à la navigation aérienne, les pilotes doivent parfois faire attention aux pointeurs lasers utilisés par des personnes au sol, comme mercredi soir avec un avion de Luxair. «Ce sont des personnes stupides qui font cela, cela arrive de temps en temps», explique Dirk Becker, secrétaire exécutif de l'Association luxembourgeoise des pilotes de ligne (ALPL), joint par L’essentiel après l’incident. «Elles ne se rendent pas toujours compte de la puissance de leurs appareils».

Dirk Becker insiste sur les dangers de ce genre de comportement. «Cela gêne considérablement le pilote, qui peut subir l’aveuglement pendant plusieurs minutes, explique-t-il. Si le laser est puissant, le pilote peut subir des dommages oculaires suffisants pour l’empêcher définitivement de reprendre les commandes d’un avion». Les lasers sont «particulièrement dangereux au décollage et à l’atterrissage», lorsque les pilotes doivent réaliser des manœuvres délicates. «C’est d’ailleurs à ces moments qu’ils subissent le plus les pointeurs lasers».

Des produits frauduleux en vente

Lorsque ce genre d’incident se produit, les pilotes «ne peuvent pas faire grand-chose de plus que de détourner le regard et espérer ne pas être trop perturbés», reprend le membre de l’ALPL. À la descente de l’appareil, ils doivent prévenir les autorités aériennes, qui peuvent communiquer à la police le lieu et le moment précis où le laser a été pointé.

La vente des lasers est pourtant très réglementée au Luxembourg. Ces engins sont classés en quatre catégories en fonction de leur puissance: «ceux de rang 1 et 2 peuvent être vendus au public, les 3 et 4 seulement aux professionnels, explique Luis Da Silva Arêde, chef adjoint du département surveillance des marchés à l’ILNAS (Institut luxembourgeois de la normalisation, de l'accréditation, de la sécurité et qualité des produits et services). L’usage professionnel des lasers concerne par exemple les spectacles de lumières, les hôpitaux ou les usines qui les emploient en découpes de matériaux résistants.

Si les produits sont correctement étiquetés dans le commerce traditionnel, «de nombreuses objets frauduleux sont vendus dans les foires», selon Luis Da Silva Arêde. Les lasers sont régulièrement étiquetés en catégorie 1 ou 2 alors qu’ils devraient être au moins en 3, donc interdits à la vente libre. Le même défi se pose pour ceux achetés à l’étranger via Internet. Des contrôles ont lieu avec les douanes: «le Luxembourg contrôle davantage que d’autres pays, mais ce n’est pas possible de tout voir!». Les lasers les plus puissants «peuvent pointer à plusieurs kilomètres», largement suffisant pour perturber un pilote. Ceux qui vendent ces objets interdits risquent jusqu’à 10 000 euros d’amende.

(jb/jd/jg/L'essentiel)

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