Athlétisme – «Les légumes, c'est OK mais j'aime les bons steaks»

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Athlétisme«Les légumes, c'est OK mais j'aime les bons steaks»

Avant un concours en Suisse, Armand Duplantis, star absolue de la perche à 20 ans, s’est confié en conférence de presse, notamment à propos de son alimentation.

Armand Duplantis, recordman mondial du saut à la perche (6,18 m), était de joyeuse humeur, mardi, à Lausanne.

Armand Duplantis, recordman mondial du saut à la perche (6,18 m), était de joyeuse humeur, mardi, à Lausanne.

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Armand Duplantis, dans quelle condition abordez-vous ce concours à Lausanne?

Armand Duplantis: Je me sens bien, je suis même assez en forme (NDLR: il s’est imposé à Stockholm le 23 août, avec un bond à 6,01 m). Le rythme est bien revenu, mais ce sera la première compétition avec Renaud (Lavillenie) et Sam (Kendricks) depuis longtemps, donc je ne veux pas trop m’avancer pour l’instant. Mon but est de gagner ce concours et, après, on verra si j’ai le choix concernant la hauteur de la dernière barre.

Comment avez-vous vécu ces longs mois sans compétition?

C’était plutôt dur, en mars, de voir une saison quasi blanche se profiler. La grande consolation, dans cette situation, c’était de passer plus de temps que d’habitude en famille - je ne me suis donc pas si mal senti. Mais là, je dois dire que je suis très heureux que ça reprenne, de retrouver les gars sur le sautoir.

Depuis la retraite d’Usain Bolt, l’athlétisme n’a plus de star absolue. Pouvez-vous prendre cette place, à terme?

C’est très dur de le dire, pour moi. Vous savez, je n’ai jamais vu la perche comme la discipline la plus populaire qui soit. Ce que j’ai fait jusqu’ici, je l’ai fait par amour de ce sport, pas pour la gloire ou l’argent. À part sauter le plus haut possible, je n’ai pas d’influence là-dessus. Mes records (NDLR: 6,17 m puis 6,18 m en février 2020) ont bien sûr donné une nouvelle dimension à ma vie. Après, serai-je le prochain Usain Bolt? Nous avons quelques points communs, mais nous sommes aussi des personnes très différentes. Je ne peux être quelqu’un d’autre que celui que je suis.

Jusqu’où pensez-vous pouvoir sauter dans les dix prochaines années, 6,30 m?

Je sais que je peux améliorer encore beaucoup de choses pour sauter plus haut, mais combien? Je ne sais pas et je ne veux pas donner de chiffre. Je ne veux pas me fixer de limites, dans le sens où je peux progresser dans tous les domaines. Je suis encore jeune et je me sens comme tel, mon corps va continuer à se développer et, au niveau technique aussi, il y a toujours des progrès à faire.

Pour aller encore plus haut, faudrait-il selon vous opérer des changements dans la perche, en termes de matériel?

Non, je ne crois pas. Nos perches sont ainsi depuis longtemps, maintenant - nous utilisons le même matériau que Sergeï Bubka à l’époque. J’aime ces perches-là et je compte bien sauter de plus en plus haut avec.

On a entendu que vous étiez devenu végétarien, est-ce juste?

(Hilare) Non, je ne pense pas. Les légumes c’est OK, mais ça me plaît de manger un bon steak, ce que j’ai fait pas plus tard qu’hier (lundi). C’est drôle que vous me disiez ça, parce que ce serait plutôt le contraire. En observant mon alimentation au début du confinement, ma mère m’a dit que si je ne mangeais pas plus de légumes, j’allais mourir (rires). Alors j’en mange un peu plus.

Quel type de musique aimez-vous écouter?

J’ai un éventail assez large, cela dépend du moment. Il y a pas mal de rappeurs qui viennent de Louisiane, là où j’ai grandi, mais j’aime aussi la country et d’autres styles, à l’image de vieux classiques comme ABBA. Les jours de compétition, en général, j’écoute du rap. Mais je n’ai pas LA chanson pour me chauffer - et de toute façon, je ne la nommerais pas, afin que les gens ne pensent pas que je valide tous les propos qui y sont tenus (sourire)...

D’où vous vient ce surnom de «Mondo», par lequel tout le monde vous appelle?

Je crois que ça vient du meilleur ami de mon père, un Sicilien, qui a aussi été son témoin de mariage. J’ai longtemps pensé que cela avait commencé quand j’avais 7 ans, quand j’ai battu mon premier record du monde. Mais c’est faux parce que je suis par la suite tombé sur une vidéo où j’ai 4 ans et où on m’appelle déjà «Mondo». À l’école, quand la maîtresse me demandait comment je m’appelais, je répondais toujours «Mondo», jamais Armand - seuls ceux qui ne me connaissent pas m’appellent Armand. J’aime ce surnom, il est simple, il sonne bien.

(L'essentiel/Simon Meier)

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