Cyber-espionnage – Les logiciels espion, spécialité israélienne

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Cyber-espionnageLes logiciels espion, spécialité israélienne

L'alerte déclenchée chez Apple par la découverte qu'un logiciel d'espionnage illustre la percée des entreprises israélienne spécialisées dans les interceptions des communications.

Les technologies de l'espionnage sont parfois détournées, notamment par des gouvernements totalitaires.

Les technologies de l'espionnage sont parfois détournées, notamment par des gouvernements totalitaires.

AFP

Confronté à une cyber-menace, Apple a mis à jour en urgence ses mobiles commercialisés depuis 2011 pour les protéger contre le logiciel Pegasus, conçu mis par la firme NSO de Herzliya, au nord de Tel-Aviv, dans la Silicon Valley israélienne. NSO est loin d'être seule sur ce créneau dans un pays qui se proclame la «nation start-up» et où les multiples menaces sécuritaires érigent la collecte du renseignement en impératif vital. Pas moins de 27 entreprises basées en Israël sont actives dans ce secteur, selon l'ONG britannique Privacy International. Ce chiffre place Israël très loin en tête du classement mondial avec 3,3 compagnies pour un million d'habitants contre 0,4 aux États-Unis et 1,6 en Grande-Bretagne.

Parmi les clients de ces logiciels figurent des gouvernements d'Amérique latine, d'Asie Centrale ou d'Afrique. L'utilisateur de Pegasus, logiciel à la fois sophistiqué et personnalisable, peut accéder à la caméra, au micro ou à la géolocalisation de l'appareil piraté, aux contenus de messages, d'appels et de toute une série d'applications globales comme Gmail, Facebook ou Skype. «La mission de la NSO est d'aider à faire du monde un lieu plus sûr en fournissant à des gouvernements légitimes une technologie qui les aide à combattre le terrorisme et le crime», indique NSO. La société «se conforme totalement à la législation et aux règlements sur le contrôle des exportations», précise-t-elle, faisant référence aux autorisations indispensables délivrées par le ministère de la Défense pour la vente à l'étranger d'armements et de technologies pouvant avoir un usage militaire.

Selon Privacy International, ces garde-fous ne tiennent pas compte de la situation des droits de l'Homme dans les pays clients, ce qui permet aux régimes en place de surveiller ou de réprimer des opposants. Dans le cas d'Apple, c'est un militant des droits de l'Homme émirati, Ahmed Mansoor qui, déjà visé par plusieurs cyber-attaques dans le passé, a trouvé suspects des textos reçus courant août. Selon les médias israéliens, NSO aurait fourni il y a deux ans avec l'aval du ministère de la Défense son logiciel à un pays du Golfe. «Cette affaire n'a rien d'étonnant. Israël se trouve dans le peloton de tête mondial pour tout ce qui touche au cyber-secteur», explique Daniel Cohen, de l'Institut pour les Études sur la sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv.

Des technologies israéliennes ont atterri en Iran

Selon lui, cette percée s'explique principalement par le dynamisme des membres d'unités d'élite de l'armée. «Après avoir quitté l'uniforme, ces experts utilisent leur savoir-faire pour créer des start-ups ou se faire embaucher à prix d'or par des firmes existantes». «Israël compte plus de 300 entreprises de toutes tailles dans le cyber-secteur. Les plus grands groupes d'armement ont eux aussi ouverts des cyber-unités. Mais dans l'immense majorité des cas, il s'agit de firmes qui ne traitent que de la protection des systèmes informatiques militaires et civils, telles des banques, des entreprises privées et publiques», précise-t-il.

Privacy International souligne que la vente de logiciels d'espionnage «peut jouer un rôle particulièrement important dans la renforcement de la coopération entre services de renseignement» israéliens et étrangers. Des entreprises d'origine israélienne comme Nice Systems et Verint ont fourni des technologies aux polices secrètes de l'Ouzbékistan et du Kazakhstan, ainsi qu'aux forces de sécurité de Colombie, tout en exportant vers Trinité-et-Tobago, l'Ouganda, le Soudan du Sud, le Panama et le Mexique. En 2011, les médias avaient rapporté l'exportation par la firme israélienne Allot Communications d'une technologie destinée au Danemark et permettant de surveiller Internet, mais qui avait atterri par des voies détournée en Iran, l'ennemi numéro un d'Israël.

(L'essentiel/AFP)

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