Manifestation étudiante – Les lycéens «prêts à revenir dans la rue»
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Manifestation étudianteLes lycéens «prêts à revenir dans la rue»

LUXEMBOURG - Plusieurs milliers de manifestants ont marqué, vendredi, leur opposition au projet de réforme des bourses étudiantes, voulue par le gouvernement. Une action qui a eu lieu sans incidents.

Vouloir réformer l'Éducation nationale ou toucher au financement des études reste un exercice à hauts risques pour un gouvernement. La preuve en a été faite une nouvelle fois ce vendredi, avec la manifestation des lycéens contre la réforme des bourses étudiantes. Rares sont pourtant les actions de ce type réalisées à l'initiative des organisations lycéennes, la dernière remontant à près de dix ans. Une action couronnée de succès, puisque l'UNEL revendique «plus de 15 000 manifestants», alors que la police avance un chiffre situé «au-delà de 10 000 personnes».

Soit, même avec la plus basse estimation, le double de manifestants que lors de la dernière action de ce type survenue dans le monde de l'éducation, en mars 2012. Une manifestation survenue «sans incidents», selon la police. Seules deux adolescentes ont fait un malaise et ont dû être transportées à l'hôpital. Une forte mobilisation, donc, motivée par le refus des organisations lycéennes de voir réduire le montant des bourses. Une réforme présentée par le gouvernement destinée à la fois à réaliser des économies et à «mieux répartir les bourses vers ceux qui en ont le plus besoin».

Nouvelle manifestation en vue?

Une vision que réfutent les premiers concernés, qui ont multiplié les pétitions ces dernières semaines. Vendredi, leur message a été encore plus direct: «Monsieur Meisch (NDLR: ministre de l'Éducation nationale) veut nous faire porter le fardeau de la crise, indique Kevin Lopes, président du Comité national des élèves. Or, nous n'en sommes pas responsables. Nous avons droit à une éducation et tout étudiant a le droit d'aller à l'université». Même son de cloche du côté de l'UNEL, qui «exige le retrait du projet».

Claude Meisch (DP) a indiqué, lors du briefing du Conseil de gouvernement, que cette manifestation avait été «un signal clair» et qu'il se tenait «prêt au dialogue» pour «améliorer qualitativement le projet». Cependant, le ministre de l'Éducation nationale a mis en avant un «besoin d'information évident, car les choses semblent confuses pour certains». Et ce dernier de rappeler que le montant de la bourse de base est de 2 000 euros, à quoi peut s'ajouter une bourse de mobilité «pour ceux qui étudient à l'étranger et/ou paient un loyer» et enfin une bourse sociale de 2 500 euros maximum pour les familles qui touchent moins de 4,5 fois le salaire social minimum. Les lycéens, de leur côté, se déclarent «être prêts à revenir dans la rue» si leurs revendications ne sont pas entendues par le gouvernement.

(Jmh/L'essentiel)

La question des enfants naturels

Alors que plusieurs dossiers soumis au CEDIES, en charge de l'attribution des bourses étudiantes, ont été refusés en raison d'absence de lien de filiation directe entre un enfant et l'un des deux parents, Claude Meisch a indiqué que les règles allaient être changées. Selon le ministre de l'Éducation, «à partir du moment où un enfant appartient à la cellule familiale de travailleurs au Luxembourg, le lien avec le pays est établi». En clair, les enfants vivant dans des familles recomposées pourront désormais bénéficier des bourses.

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