Génétique – Les parents ont-ils droit à des «bébés à la carte»?

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GénétiqueLes parents ont-ils droit à des «bébés à la carte»?

Une méthode proposant aux parents de choisir certains traits spécifiques chez leurs enfants à naître a été brevetée en septembre aux États-Unis, suscitant une réaction irritée de plusieurs chercheurs européens.

La méthode décrite dans la demande de brevet prévoyait d'améliorer les chances de produire un bébé ressemblant aux caractéristiques souhaitées par le couple bénéficiaire. (DR)

La méthode décrite dans la demande de brevet prévoyait d'améliorer les chances de produire un bébé ressemblant aux caractéristiques souhaitées par le couple bénéficiaire. (DR)

«Il est clair que sélectionner des enfants de la manière préconisée par la méthode brevetée par la société 23andMe est hautement discutable sur le plan éthique», écrivent les quatre auteurs d'un commentaire publié jeudi par la revue Genetics in Medicine (qui fait partie du groupe Nature). Après cinq ans d'attente, la société 23andMe a réussi à faire breveter une méthode de sélection des gamètes des donneurs basée sur des calculs génétiques réalisés par ordinateur.

La méthode décrite dans la demande de brevet prévoyait de sélectionner les donneurs d'ovules ou de spermes de manière à améliorer les chances de produire un bébé ressemblant aux caractéristiques souhaitées par le couple bénéficiaire. Parmi celles-ci, peuvent figurer la taille, le sexe, la couleur des yeux, certains traits de personnalité ou encore les risques de développer une dégénérescence maculaire liée à l'age (DMLA) et certains types de cancers.

Polémique

La société 23andMe reconnaissait toutefois que la méthode n'était pas infaillible et qu'il s'agissait seulement de faire en sorte que le bébé aient des chances «accrues» d'avoir les traits souhaités dans le cadre d'une procréation médicalement assistée (PMA). «L'utilisation du diagnostic préimplantatoire pour éviter l'implantation d'embryons porteurs de graves anomalies génétiques est en passe de devenir une pratique courante, mais l'utilisation d'un programme informatique pour sélectionner les donneurs de gamètes afin d'aboutir à un bébé ayant les traits souhaités par ses parents semble avoir des implications beaucoup plus vastes, car ce processus implique la sélection de traits qui n'ont aucun lien avec une maladie» écrivent les chercheurs, dirigés par Sigrid Sterckx, de l'Institut de bioéthique de Gand, en Belgique.

Ils rappellent que la société avait déjà suscité une polémique en 2012, lorsqu'elle avait réussi à breveter un test évaluant la propension à développer la maladie de Parkinson. Réagissant à l'attribution de son dernier brevet, la société 23andMe souligne sur son site Internet que la situation «a évolué» depuis sa demande sur la question de la procréation médicalement assistée, mais qu'elle «respectera son engagement à faciliter l'accès des gens à leurs données génétiques».

(L'essentiel Online/AFP)

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