Système de santé – Les patrons veulent des salariés plus responsables

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Système de santéLes patrons veulent des salariés plus responsables

LUXEMBOURG - L’Union des Entreprises Luxembourgeoises (UEL) avait déjà largement dénoncé la hausse des cotisations sociales. Ce jeudi, elle a avancé ses solutions pour sauver le système de santé luxembourgeois.

Il y a une semaine, le ministre de la Santé, Mars Di Bartolomeo annonçait que les cotisations allaient augmenter de 5,4 % 5,8 % pour éviter que le «trou» de l’assurance maladie-maternité n’atteigne 100 millions d’euros en 2011 et 600 millions en 2014. Le patronat avait déjà confié sa colère vis-à-vis de ce projet de loi, «en contradiction avec l'accord tripartite de 2006 visant à endiguer le coût indirect du travail». Le sujet a aussi participé à l’échec des négociations entre patronat et gouvernement vendredi dernier.

Ce jeudi, l’UEL a dénoncé à nouveau des mesures «pas assez incisives», «qui manquent d’ambition» et proposé ses solutions. Elle a d’abord fait le constat que le Luxembourg avait l’un des systèmes de santé les plus généreux : les dépenses dans ce secteur atteignaient 4210 dollars (3013 euros) par habitant en 2008 contre 3060 pour la moyenne de l’OCDE. Et ces dépenses de santé sont pratiquement prises en charge uniquement par l’État (91%) contre moins de 80% en France et en Allemagne.

Quelles solutions?

L’UEL indique vouloir «soigner mieux en dépensant moins». Elle demande donc d’abord «le plafonnement des cotisations au niveau actuel» et pour que le système perdure, elle appelle à une «responsabilisation accrue des prestataires et des assurés» . Pour y parvenir, les patrons entendent modifier l'assiette et le taux de cotisation pour les soins de santé en le faisant... baisser à 5,26 %!

Petite astuce, là où le salarié paie aujourd'hui 2,7 % (bientôt 2,9) de son salaire brut puis le patron également 2,7 %, l'UEL veut fusionner ces deux parts, «pour davantage de transparence», et calquer ces 5,26 % sur le salaire brut. Si cette idée était adoptée demain, elle ne changerait rien pour le salarié à cet instant T. En revanche, à l'avenir les éventuelles hausses de cotisations seraient dès lors supportées par les seuls salariés sur leur salaire brut...

300 millions d'euros chaque année

Parmi les autres pistes avancées, l'UEL souhaite davantage de concurrence entre les hôpitaux et «en finir avec la chasse gardée des hôpitaux publics», selon Romain Schmit, le directeur de la Fédération des artisans. L'idée-maîtresse est d'autoriser le déconventionnement des médecins et des chirurgiens.

Toutes ces mesures permettraient, selon Jean-Christophe Burkel, conseiller auprès de l'UEL, d'économiser chaque année 300 millions d'euros. Largement suffisant pour combler les 200 millions d'euros manquant tous les ans pour boucler le budget de l'assurance maladie-maternité.

MC et Pa.t/lessentiel.lu

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