Aide alimentaire dans l'UE – Les pauvres devront bien se serrer la ceinture

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Aide alimentaire dans l'UELes pauvres devront bien se serrer la ceinture

Les Européens ont échoué mardi à trouver un accord pour maintenir en l'état un programme d'aide alimentaire crucial pour les pauvres, renvoyant toute décision à plus tard.

L'échec de la réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE aboutit au blocage d'un programme d'aide pour quelque 13 millions de personnes.

L'échec de la réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE aboutit au blocage d'un programme d'aide pour quelque 13 millions de personnes.

AFP

«Nous n'avons pas encore enregistré de compromis, ce sera peut-être le cas plus tard», a dû constater le ministre polonais de l'Agriculture, Marek Sawicki, dont le pays préside l'UE, à l'occasion d'une réunion infructueuse avec ses homologues européens à Bruxelles. Le président français Nicolas Sarkozy a jugé à Paris «inacceptable que l'Europe abandonne les plus faibles de ses concitoyens», et plaidant qu'il était «de la responsabilité» de l'Europe de «garantir les financements».

Le blocage provient de six des 27 États de l'UE qui «sont clairement opposés» à une solution permettant d'éviter, en 2012 et 2013, une réduction drastique du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), a souligné M. Savicki en regrettant leur «manque de volonté politique». L'Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et la République tchèque forment à eux seuls une minorité de blocage qui pourrait faire passer les fonds alloués au PEAD de 480 millions d'euros cette année à 113,5 millions d'euros en 2012.

«Six États décident d'affamer» 18 millions d'Européens démunis, a tonné le député européen belge Marc Tarabella. L'enjeu est de taille: ce programme permet de distribuer chaque année 440 000 tonnes d'aide alimentaire dans une vingtaine d'États, a souligné le commissaire européen à l'Agriculture, le Roumain Dacian Ciolos. «Il sera très difficile d'expliquer pourquoi un programme qui a 25 ans d'histoire sera bloqué pour deux ans juste parce que certains États membres ne souhaitent pas assumer leur responsabilité politique et se cachent derrière toutes sortes d'arguments juridiques qui n'ont pas lieu d'être», s'est-il emporté.

(L'essentiel Online/AFP)

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