Société – Les petits prix favorisent la surconsommation

Publié

SociétéLes petits prix favorisent la surconsommation

La fast fashion incite à dépenser plus que nécessaire. Une spécialiste en mode éthique donne des pistes pour consommer moins.

Plus on achète et plus les prix baissent.

Plus on achète et plus les prix baissent.

Pexels/Illustration

Aja Barber est écrivaine, journaliste et consultante en mode éthique. Dans son premier livre, «Consumed» (Éd. Octopus), sorti cet automne, elle explique les stratégies de la fast fashion pour nous inciter à consommer plus.

Les marques de fast fashion fonctionnent comme celles de fast-food. Acheter des nouveautés chaque semaine est devenu la norme. Elles créent des besoins en proposant de nombreuses collections, rapidement. Certaines marques produisent jusqu’à 50 gammes par année, ce qui fait des nouveautés chaque semaine, voire chaque jour.

https://scontent-frt3-1.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/e35/p1080x1080/210882430_1173885836461808_4734778608329177047_n.jpg?_nc_ht=scontent-frt3-1.cdninstagram.com&_nc_cat=108&_nc_ohc=sWq4ODB6cCcAX8dDcRd&tn=lD56d4UkJ9aFYU5d&edm=AABBvjUBAAAA&ccb=7-4&oh=92492eb137862141b1d1c2bbbe689c49&oe=61BA0512&_nc_sid=83d603

En produisant un grand nombre de pièces, le prix baisse. Plus on achète et plus les prix baissent. Cela incite les consommateurs à vouloir posséder plus, pour combler d'éventuels manques et ressembler à leurs pairs. L’auteure les définit comme «des marchandises que vous n’aviez jamais vues auparavant et dont vous n’aviez pas spécialement envie, mais que vous vous êtes sentis obligés d’acheter en raison de leur faible coût».

Selon elle, cette stratégie cible en grande majorité les classes populaires, plus enclines à dépenser de petites sommes, régulièrement. Elle regrette que nous soyons conditionnés à acheter et que la valeur des gens dépende des sommes qu’ils dépensent. Elle donne comme exemple les chefs d’État qui ont demandé à leur population de soutenir l’économie locale en continuant de consommer, pendant la pandémie de Covid-19.

Devenir des acheteurs responsables

Parmi les solutions qu’elle propose, Aja Barber pense qu’il faut éduquer les consommateurs à l’impact social et environnemental de la production de vêtements. Pour elle, consommer de manière responsable en choisissant des marques selon des critères précis est une idée, mais il faut surtout limiter le nombre de vêtements achetés, car l’industrie de la mode est l’une des plus polluantes, produisant près de 10% des émissions mondiales de carbone.

Aja Barber avoue avoir été une accro au shopping: «Le shopping était devenu un passe-temps», avoue-t-elle. Dans son livre, elle propose plusieurs pistes pour réguler sa consommation de vêtements: «Il faut casser les habitudes, comme s’interdire de rentrer dans certains magasins. Essayez durant une ou deux semaines. Ensuite, se désinscrire des newsletters et supprimer les apps de shopping sur son smartphone peuvent aider à acheter moins.»

Faire «avec ce que nous avons»

L’auteure suggère aussi de réaliser un budget, de noter ses achats et leurs montants ainsi que ce qu’ils nous procurent en termes d’émotions. «S’interroger sur ce que l’on consomme peut nous aider à orienter nos prochains achats.»

Ne rien acheter pendant un an? Aja Barber le déconseille, car, selon elle, la démotivation reste forte et le moindre écart sera mal vécu. «Faisons avec ce que nous avons et prenons soin de nos vêtements de qualité», conclut-elle.

(Lauren Cavin-Hostettler/L'essentiel)

Ton opinion