Tariq Ramadan – «Les plaignantes ont menti. C'est un complot»

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Tariq Ramadan«Les plaignantes ont menti. C'est un complot»

Pour la première fois depuis sa mise en examen, le 13 février, pour le viol de deux nouvelles femmes, le prédicateur s'exprime dans la presse. Il se dit victime d'un «acharnement judiciaire».

Déjà inculpé en février 2018 pour le viol de deux femmes, Tariq Ramadan a été mis en examen le 13 février dernier pour deux autres agressions. Dans une interview accordée au «Parisien», le prédicateur genevois se victime d'«acharnement judiciaire» et accuse les trois juges en charge du dossier d'être «sous emprise politique». Une nouvelle ligne de défense pour l'islamologue, qui continue de clamer son innocence.

Placé sous contrôle judiciaire, Tariq Ramadan n'a pas le droit de quitter la France métropolitaine et doit pointer une fois par semaine au commissariat. Une situation qui l'insupporte: «Ma vie est en Angleterre. Ce n'est pas en me forçant à rester sur le territoire qu'on me rendra moins combatif», avertit le prédicateur. Lorsque les journalistes lui demandent si après tout, il n'est pas un justiciable comme les autres, sa réponse fuse: «Justement non. Je suis victime d'un acharnement judiciaire. Il existe cinq plaintes contre moi, une sixième en Suisse. Les plaignantes ont menti», affirme-t-il.

Un «complot»

Le Suisse martèle que la plupart de ses accusatrices «se connaissent» et ont des liens avec ses «pires ennemis idéologiques», dont la journaliste Caroline Fourest et le paparazzi Jean-Claude Elfassi. Ce qui, selon l'islamologue, prouve «l'existence d'un complot». «Mais les juges n'en tirent pas les conséquences. Est-il normal qu'après 28 mois d'instruction, aucune enquête n'ait été diligentée sur ce point?», s'insurge-t-il. Au sujet des deux nouvelles femmes qui l'accusent de viol, Tariq Ramadan se plaint de n'avoir «pas été interrogé» et qu'«aucune investigation» n'ait été effectuée. «L'une d'elles a dit que la relation était consentie, l'autre a refusé d'être entendue», souligne l'ex-enseignant.

Tariq Ramadan estime par ailleurs que sa religion a un rôle à jouer dans cette affaire: «Si j'avais la même couleur de peau que vous, mon affaire aurait été classée sans suite», confie-t-il aux journalistes du «Parisien». Il dénonce en outre la nomination en tant qu'expert psychiatre du docteur Daniel Zagury, qui devra déterminer les victimes présumées étaient sous l'emprise de l'islamologue. «Or, le docteur Zagury est membre du comité scientifique de Schibboleth, une association dont 16 membres ont pris nominalement position contre moi. (...) Je ne crois pas au hasard», avance-t-il.

Quant à ses nombreuses relations hors mariage, Tariq Ramadan dit assumer ses «contradictions». «Ce comportement n'aurait pas dû être. Et je présente mes excuses à ceux que j'ai déçus. Je ne me suis jamais présenté comme un parangon de vertu», conclut l'ex-enseignant genevois.

(L'essentiel/joc)

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