Au Luxembourg: Les pollens collectés sur le toit de l'hôpital passés au crible

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Au LuxembourgLes pollens collectés sur le toit de l'hôpital passés au crible

LUXEMBOURG – Presque tous les jours depuis plus de 30 ans, une laborantine monte sur le toit du Centre hospitalier de Luxembourg, à Strassen, pour y collecter les traces des pollens qui flottent dans l'air de la capitale.

par
Nicolas Martin

Presque tous les jours depuis plus de 30 ans, une laborantine monte sur le toit du Centre hospitalier de Luxembourg à Strassen pour y collecter les traces des pollens qui flottent dans l'air de la capitale. Cela changera bientôt car depuis cette année, une machine fait des relevés automatiques. «Elle est en rodage et va prendre le relais de ce moniteur classique», explique le Dr François Hentges, ancien responsable de la station qui restera là, à 18 m du sol.

«Elle se compose d’une girouette, d’une pompe qui aspire l’air puis le projette sur un tambour qui se déroule lentement. Les pollens s'y collent sur une bande adhésive. Reste à les compter au microscope. Ainsi le site pollen.lu peut fournir au jour le jour une vision précise des types et quantités de pollens présents «à 20 km à la ronde». Et le service d’immuno-allergologie du Centre hospitalier de Luxembourg vient de compiler ces trois décennies de données.

«Les pollens d'arbres ont beaucoup augmenté»

«On repère normalement une trentaine de pollens ici. Cela commence en janvier et va jusqu’en août. Avec d’abord les pollens d’arbres puis viennent les graminées», ajoute le Dr Hentges. Et que révèlent les pollens? Ils montrent notamment les effets du réchauffement climatique. «Les pollens d'arbres ont beaucoup augmenté et commencent beaucoup plus tôt. Surtout à cause de la température moyenne plus élevée», souligne Pierre Hentges, qui a pris part à l’étude. «Les conditions météo contribuent à la floraison et la pollinisation. Et la pollution libère du Co2 dont les plantes se nourrissent», précise le Dr Hannachi, actuelle responsable de la station.

Les concentrations varient selon les années mais des tendances se dessinent. Et l’on constate que les premiers pollens de noisetiers ou de bouleau arrivent plus d’un mois plus tôt que dans les années 90. Leur pic est aussi plus précoce et les quantités ont parfois plus que doublé. À l’inverse, les pollens de graminées ont globalement tendance à reculer. Même si cette année les allergies aux graminées sont, selon les experts, plutôt importantes.

Les types de pollens détectés évoluent peu depuis 30 ans

Parallèlement, «on a remarqué qu’il y a plus de gens allergiques au pollen d’arbre qu’il y a 30 ans. Autrefois c’était le rhume des foins aujourd’hui c’est à peu près à la même fréquence que le pollen d’arbre, note le Dr Hentges. D’un côté la quantité de pollen augmente et les saisons deviennent plus longues».

Les types de pollens détectés évoluent peu depuis 30 ans, même si les spécialistes s’attendent à voir débarquer en plus fortes quantités des pollens d’Ambroisie, une plante originaire d’Amérique puis introduite en Europe. Elle a actuellement tendance à remonter la France et cause de fortes allergies autour du mois de septembre.

Et si elles commencent plus tôt, les allergies ne sont pas forcément plus sévères. «Les traitements se sont beaucoup améliorés», note le Dr Hentges.

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