Les marchés s'affolent – Les prix du pétrole, du gaz et des céréales s'envolent

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Les marchés s'affolentLes prix du pétrole, du gaz et des céréales s'envolent

L'attaque aérienne et terrestre de l'armée russe contre l'Ukraine a propulsé certains prix à des sommets.

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28.11 Les responsables ukrainiens ont dit lundi s’attendre à une nouvelle vague de bombardements russes cette semaine.

28.11 Les responsables ukrainiens ont dit lundi s’attendre à une nouvelle vague de bombardements russes cette semaine.

AFP
25.11.2022 L’Ukraine s’attelait vendredi à réparer des infrastructures énergétiques, endommagées par des frappes russes massives, et à réapprovisionner des millions d’Ukrainiens sans chauffage et sans lumière au moment où l’hiver s’installe.

25.11.2022 L’Ukraine s’attelait vendredi à réparer des infrastructures énergétiques, endommagées par des frappes russes massives, et à réapprovisionner des millions d’Ukrainiens sans chauffage et sans lumière au moment où l’hiver s’installe.

AFP
24.11 La Russie a annoncé jeudi avoir distribué des passeports russes à plus de 80.000 habitants de quatre zones d’Ukraine qu’elle affirme avoir rattachées à son territoire, des annexions non reconnues par la communauté internationale.

24.11 La Russie a annoncé jeudi avoir distribué des passeports russes à plus de 80.000 habitants de quatre zones d’Ukraine qu’elle affirme avoir rattachées à son territoire, des annexions non reconnues par la communauté internationale.

AFP

Vers 12h20, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, la référence de l'or noir en Europe, s'envolait de 7,92% à 104,51 dollars, et le baril de West Texas Intermediate grimpait de 7,67% à 99,16 dollars. Les deux références du brut n'avaient plus connu de tels sommets depuis 2014. «Le marché prévoit un resserrement massif de l'offre» d'or noir, estime Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

La Russie est l'un des premiers producteurs mondiaux de gaz et de pétrole, affolant les investisseurs quant à d'éventuelles ruptures d'approvisionnement en énergie. «En cas d'interruption partielle des livraisons de pétrole russe, les autres grands pays producteurs ne pourraient compenser que dans une mesure limitée», prévient l'analyste.

«Les factures d'énergie continueront d'augmenter»

«La tension bouillonnante entourant la reconnaissance par la Russie des territoires séparatistes de l'est de l'Ukraine s'est intensifiée du jour au lendemain», souligne Tamas Varga, de PVM Energy. «À ce stade, on ne sait pas du tout ce qui pourrait ramener le président russe à la raison», abonde-t-il. «Par conséquent, les marchés boursiers et pétroliers resteront volatils».

«La flambée du prix du pétrole est une terrible nouvelle pour les entreprises et les consommateurs, et fondamentalement cela clarifie l'un des principaux impacts de la guerre entre la Russie et l'Ukraine» sur l'économie mondiale: «Elle servira à alimenter davantage l'inflation», affirme Russ Mould, analyste chez AJ Bell. «Les factures d'énergie continueront d'augmenter», poursuit-il.

Le prix du gaz flambe

La Russie est également le premier exportateur mondial de gaz naturel. Le Vieux Continent importe environ 40% de ses besoins depuis la Russie. Malgré cette dépendance au gaz russe, l'Europe a cependant «assez de stocks pour passer l'hiver», a assuré mercredi le secrétaire d'État français aux Affaires européennes Clément Beaune. À la suite de la reconnaissance de provinces ukrainiennes prorusses, l'Allemagne avait fini par se résoudre mardi à suspendre la certification du gazoduc Nord Stream 2, un projet phare pour Berlin comme pour Vladimir Poutine mené depuis longtemps malgré les critiques.

Un haut responsable américain a vu dans l'annonce de Berlin un «tournant majeur» qui «libérera l'Europe de l'étau géostratégique russe» lié à l'approvisionnement en gaz naturel. Le marché de référence en Europe, le TTF (Title Transfer Facility) néerlandais se négociait à 117,50 euros le mégawattheure (MWh), après avoir culminé à 125,00 euros plus tôt dans la journée. Le prix du gaz naturel s'est ainsi envolé de 33%, la plus importante hausse en une journée depuis 2019.

Un pic inédit pour le blé

De leur côté, les prix des céréales ont atteint jeudi matin des niveaux record en séance sur le marché européen, avec un pic totalement inédit pour le blé à 344 euros la tonne sur Euronext, ont indiqué des analystes et courtiers à l'AFP. Les cours du blé et du maïs, dont l'Ukraine est le quatrième exportateur mondial, se sont envolés dès l'ouverture, quelques heures après le début de l'invasion russe de l'Ukraine.

Le précédent record pour le blé remonte au 24 novembre 2021, qui avait atteint 313,5 euros la tonne en séance sur l'échéance de décembre (et au 23 novembre pour le cours à la clôture à 311,5 euros), a indiqué à l'AFP Edward de Saint-Denis, de la société de courtage Plantureux et Associés. «Aujourd'hui on a dépassé ce niveau, le cours a atteint au plus haut 344 euros», a-t-il souligné. Le cours du blé a ensuite dégonflé, tout en se maintenant à un niveau très élevé, autour de 320 euros la tonne sur l'échéance de mars.

Le maïs aussi

Sans atteindre ces niveaux inédits, le maïs a aussi vu son cours flamber, grimpant jusqu'à 304 euros la tonne (280 euros à l'ouverture). Sur le marché européen, le précédent record pour le maïs remonte au 4 août dernier: le cours avait atteint les 320 euros en clôture, a rappelé l'analyste.

Les conséquences de l'attaque lancée dans la nuit par la Russie sont encore difficiles à prévoir pour les marchés agricoles: «C'est totalement inédit», a souligné Sébastien Poncelet, du cabinet Agritel. «Quand on voit qu’il y a des explosions à Odessa, qui est le premier port ukrainien, on présume qu’il n'y aura pas beaucoup de grains à charger aujourd’hui», a-t-il observé.

Après l'invasion russe de la Crimée en 2014, «les prix avaient augmenté de 15 à 20% sur les marchés, avant de dégonfler au bout de 4 à 5 mois. Les combats s'étaient essentiellement cantonnés au Donbass, qui n'est pas une grosse région agricole et la crise était restée centrée sur la Crimée. Ce que l'on voit aujourd'hui est d'une tout autre ampleur», a-t-il affirmé.

(L'essentiel/AFP)

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