En Ecosse – Les producteurs de whisky profitent du Brexit
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En ÉcosseLes producteurs de whisky profitent du Brexit

Si la majorité des Écossais ont voté pour rester dans l'Union européenne (UE), les producteurs de whisky trinquent, eux, à la chute de la valeur de la livre.

Plus de 10 000 personnes travaillent dans l'industrie du whisky écossais, un chiffre en hausse de 6% sur les trois dernières années.

Plus de 10 000 personnes travaillent dans l'industrie du whisky écossais, un chiffre en hausse de 6% sur les trois dernières années.

AFP

Le recul de la monnaie britannique - qui a perdu environ 9% face à l'euro et 15% face au dollar depuis le référendum du 23 juin - a rendu les exportations moins chères, donnant un coup de pouce non négligeable aux ventes de whisky qui se font à 90% hors du Royaume-Uni. Alors que les terres écossaises sont réputées pour leurs distilleries pittoresques posées dans les vertes contrées des Highlands, la Glasgow Distillery Company, installée dans un entrepôt anonyme et grisâtre de la capitale économique écossaise, détone.

Pourtant, à l'intérieur, l'humeur est au beau fixe. «Depuis juin, il y a eu une augmentation de 200 à 300% des demandes pour les fûts» de whisky, se félicite Liam Hughes, à la tête de la distillerie. Fondée en 2015 seulement, elle n'a encore vendu aucune bouteille de whisky mais Liam Hughes note néanmoins une hausse conséquente des pré-commandes depuis le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'UE.

Des demandes de partout

Pour Graham Hutcheon, le directeur opérationnel de la distillerie Edrington, qui possède notamment les whiskies Macallan et The Famouse Grouse, la chute de la livre est synonyme de «fête». David Williamson, le responsable de la communication pour l'association des Scotch Whisky, a également souligné qu'un certain nombre de ses membres ont constaté une hausse de leurs exportations.

Tony Reeman-Clark dirige la distillerie Strathearn dans le Perthshire, productrice de whisky depuis trois ans. Il est également le fondateur de la Scottish Craft Distillers Association. «Nous avons eu des demandes d'Auckland, de Pékin, de Hong Kong, d'Israël, d'Allemagne, des États-Unis, de partout dans le monde», se félicite-t-il alors que ses 100 premières bouteilles se sont arrachées aux enchères le 1er décembre pour 4 150 livres (4 870 euros).

Pour autant, la hausse de la livre ne constitue pas qu'une bonne nouvelle pour la boisson nationale écossaise. Car elle signifie aussi une hausse des produits importés, comme les fûts. Liam Hughes les achète tous à Kelvin Cooperage qui a quitté les rives de la rivière Kelvin à Glasgow pour s'installer dans le Kentucky, aux États-Unis, dans les années 1990. «Comme la livre s'est effondrée face au dollar, le prix des fûts a augmenté de façon substantielle, donc ce que l'on gagne d'un côté on le perd de l'autre», constate-t-il.

(L'essentiel/ats)

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