Claude Wiseler – «Les radars sont perçus comme un point positif»

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Claude Wiseler«Les radars sont perçus comme un point positif»

LUXEMBOURG - Travaux du rond-point d'Hellange, suppression du poste-frontière de Zoufftgen ou problèmes au sein de Cargolux, le ministre des Infrastructures fait le point avec «L'essentiel Online».

Annoncés pour fin 2011, puis pour 2012, les futurs radars automatiques du Grand-Duché pourraient finalement débarquer en 2013, selon Claude Wiseler, ministre des Infrastructures.

Annoncés pour fin 2011, puis pour 2012, les futurs radars automatiques du Grand-Duché pourraient finalement débarquer en 2013, selon Claude Wiseler, ministre des Infrastructures.

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L'essentiel Online Quelques jours après les nouvelles mesures de rigueur budgétaire par le ministre des Finances, pouvez-vois détailler les conséquences concrètes pour le ministère des Infrastructures?

Claude Wiseler, ministre des Infrastructures (CSV): Les annonces faites touchent tous les ministères, mais il est vrai que celui des Infrastructures pèse beaucoup dans le budget de l'État. Nous avions déjà été touchés lors des deux précédents paquets de mesures et cette fois-ci, les économies qui nous ont été demandées sont de l'ordre de 30 millions d'euros. Cela touche particulièrement le Fonds du rail avec en particulier le projet EuroCapRail qui doit relier Bruxelles à Luxembourg-Ville et qui va être amputé de 13 millions d'euros en 2013, mais également la ligne du Nord, avec la voie d'évitement de Michelau qui ne sera pas réalisé en 2013. Mais plutôt vers 2014-2015. Divers projets de plus faible ampleur sont également concernés.

Cela concerne-t-il également la suppression du poste-frontière de Zoufftgen, dont la suppression doit faciliter le flux des frontaliers français?

Non, la suppression est toujours au programme. Actuellement, le projet est en cours de préparation et devrait se faire dans les prochains mois. Je dirais au cours de la première moitié de l'année 2013.

En cette période de crise, une solution pour l'État afin de trouver de nouveaux revenus pourrait être l'accélération de la mise en place des radars automatiques. Où en est le projet?

Nous en sommes toujours en phase administrative, c'est-à-dire que le texte de loi définissant la mise en place des treize radars automatiques fait des allers-retours entre les différents ministères concernés. Je réfute l'idée que ces radars soient une source de revenus pour l'État, car la grande partie des automobilistes ne considère pas cette mesure comme négative, mais bel et bien comme quelque chose de positif. À en juger par les expériences menées à l'étranger, les effets sont positifs sur la sécurité routière et c'est là notre but. Pour de ce qui est de leur mise en place, je ne peux pas encore avancer de date précise.

En évoquant la sécurité routière, le Conseil d'État a retoqué, il y a quelques semaines, l'un de vos textes visant à augmenter le montant des amendes. Quelles en sont les conséquences concrètes?

Le Conseil d'État s'est opposé à ce texte uniquement sur des questions juridiques et pas sur le contenu en tant que tel. Nous allons donc retravailler le projet de loi. Ce qu'il faut retenir c'est qu'il n'y aura pas de changement au niveau du montant des amendes dans les mois et les années à venir.

Autre projet bloqué et qui fait débat depuis des années, les travaux du rond-point d'Hellange. Où en est ce dossier exactement?

En décembre 2011, le tribunal a annoncé que la procédure suivie par le ministère avait été correct vis-à-vis des propriétaires du terrain nécessaire à la finalisation du projet. Et c'était le cas. D'ici la fin de l'année, les juges devront à nouveau déterminer sur le recours déposé par les avocats de la défense sur le bien-fondé de la loi luxembourgeoise par rapport au droit européen et en particulier sur le fait que la loi grand-ducale ne permet pas de faire recours en cas d'expulsion. La décision devrait donc tomber d'ici la fin de l'année. Donc tant que nous n'avons pas le terrain, les travaux ne peuvent pas commencer.

Cette situation dure depuis des années, comment réagissez-vous en tant que ministre en charge du dossier?

Cette situation ne me fait pas rire et je ferai tout pour y mettre un terme, car nous faisons face à une situation non seulement embêtante pour des milliers d'automobilistes, mais également dangereuse. Je ne comprends pas que l'on puisse aller aussi loin dans l'opposition, sachant que cela met en péril la sécurité d'automobilistes.

La question de l'aire de Berchem fait aussi partie de celles qui reviennent fréquemment sur le devant de la scène. Qu'en est-il du projet d'agrandissement?

Nous travaillons actuellement sur un système de régulation automatique de gestion des parkings. L'idée est de demander au chauffeur, lorsqu'il arrive, l'heure approximative de son départ afin de l'orienter vers le parking le mieux adapté. Cela nous permettra de mieux gérer les flux sans avoir à augmenter forcément la capacité d'accueil de l'aire de Berchem. Pour le moment, le projet est en cours de finalisation.

Dernier sujet à aborder, et pas des moindres, la question de Cargolux. Quelle est votre vision de l'avenir de la compagnie aérienne luxembourgeoise?

Cargolux est une société qui possède énormément de problèmes et qui doit trouver des solutions. Le management de la compagnie se trouve actuellement dans l'obligation de revoir sa stratégie car la compagnie perd tous les jours de l'argent. Des économies doivent être faites. Ceci est une absolue nécessité si l'État ou les compagnies appartenant à l'État veulent participer à une hausse du capital. La question de la diminution des dépenses n'est pas seulement une question de salaires ou de convention collective, c'est aussi et surtout une nécessité d'analyse de l'ensemble des dépenses.

Pensez-vous qu'une délocalisation totale de la maintenance puisse aider à redresser la barre?

Non, une délocalisation n'est pas la solution pour l'instant, car si on fait le calcul de tous les coûts de cette mesure, cela reviendra plus cher que de maintenir la maintenance au Luxembourg. Il faut donc que la maintenance reste au Grand-Duché, ce qui n'empêche qu'il faut réduire les déficits.

Propos recueillis par Jean-Michel Hennebert

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