Rentrée du gouvernement – Les réformes politiques qui vous attendent
Publié

Rentrée du gouvernementLes réformes politiques qui vous attendent

LUXEMBOURG - Les ministres ont fait leur rentrée mercredi. Le gouvernement va devoir se replonger dans les dossiers chauds. IVG, radars, allocations familiales... Une rentrée chargée.

Les ministres faisaient leur rentrée mercredi.

Les ministres faisaient leur rentrée mercredi.

Editpress

Après une courte pause estivale, les ministres ont fait leur rentrée, mercredi, pour le premier Conseil de gouvernement de l'année. Une rentrée qui s'annonce plus que chargée. Depuis son entrée en fonction, la nouvelle coalition a certes fait voter 75 lois mais il lui reste du pain sur la planche. Alors que mercredi les ministres ont évoqué, entre autres, la lutte contre la prostitution, les aides financières attribuées au Service volontaire européen (SVE) ou encore le virus Ebola, d'autres dossiers chauds les attendent dans les mois à venir.

La dépénalisation de l'IVG

Après la réforme adoptée en novembre 2012, la loi sur l'interruption volontaire de grossesse va subir de nouveaux changements. Ce nouveau texte, qui doit être voté à l’automne, prévoit notamment la dépénalisation de l’avortement et doit simplifier le parcours pour les femmes qui souhaitent interrompre une grossesse. Se faire avorter après les douze premières semaines de grossesse ne sera donc bientôt plus puni d'une peine de réclusion criminelle comprise entre cinq et dix ans. Le point qui précisait que seules les femmes «en situation de détresse» pouvaient avoir recours à une IVG sera supprimé, tout comme la procédure écrite obligatoire pour les femmes de plus de 18 ans. Un changement qui réjouit le planning familial.
À noter que la première loi sur l'IVG au Luxembourg a été adoptée en 1978, sous le gouvernement Gaston Thorn (DP), le seul sans le CSV avant aujourd’hui.

Les allocations vont changer

Les aides attribuées aux familles vont également être revues. Dans un entretien à L'essentiel, Corinne Cahen (DP), la ministre de la Famille, avait rassuré ceux qui craignaient une baisse: «Je ne veux pas toucher aux allocations existantes vu que beaucoup de bénéficiaires comptent sur cet argent». On se dirige donc vers un système à deux vitesses: l’ancien pour les enfants déjà nés et un nouveau pour ceux à naître (NDLR: la ministre propose de déterminer une date à partir de laquelle entrera en vigueur son système. Les enfants nés après cette date seront dans le nouveau, contrairement aux enfants nés avant. La cohabitation devrait durer au maximum 18 ans, durée maximale de versement des allocations familiales). Une chose est sûre, les montants versés seront les mêmes pour chaque enfant, et les aides devront être «distribuées à ceux qui en ont besoin», avait expliqué la ministre de la Famille. Pour l'instant, aucune échéance n'est connue. La réforme est en préparation.

Des radars sur les routes

Après quelque quatre ans d'atermoiements, François Bausch (ministre des Infrastructures) a dévoilé les emplacements des futurs radars fixes. Ils seront 20 et seront installés sur les bas-côtés des routes luxembourgeoises d'ici à l'été 2015. Avant d’implanter ces radars, il faudra voter une loi pour leur gestion et leur financement.

Un impôt pour doper les crèches

Un nouvel impôt de 0,5% doit entrer en vigueur pour financer la gratuité et le multiculturalisme des crèches publiques pour les enfants de 0 à 3 ans. Aucune date n'a toutefois été donnée pour l'entrée en vigueur du nouvel impôt, qui s'ajoute donc à l'effort collectif demandé avec la hausse de la TVA (effective au 1er janvier 2015). Ce nouvel impôt est cependant déjà remis en cause par les syndicats qui le jugent discriminatoire vis-à-vis des frontaliers. Mercredi, le Premier ministre, Xavier Bettel, a assuré que rien n’était arrêté quant à la forme que prendrait cette nouvelle contribution.

Arrivée des médicaments génériques

Avant la fin de l’année, les pharmaciens seront tenus de remplacer systématiquement les médicaments «de marque» par des génériques. Le nouveau procédé est prêt, il sera mis en œuvre d’ici le mois d’octobre. Le remplacement des médicaments doit permettre à la Caisse nationale de santé de réaliser des économies conséquentes. Une conférence de presse est prévue ce vendredi, à 11h, au ministère de la Santé, pour donner les détails de cette réforme.

Un budget «nouvelle génération»

Pour élaborer le budget de l'État pour 2015, le ministère des Finances a fait appel au cabinet de conseil McKinsey. Une méthode qui avait d'ailleurs suscité la polémique. Le gouvernement s'est justifié en disant vouloir un budget «nouvelle génération». Pour parer aux pertes liées à l'abolition de la taxe sur le commerce électronique en 2015, le budget va devoir se restructurer. Et cela même si les recettes de l’État seront complétées, à partir du 1er janvier 2015, par la hausse de deux points de la TVA. Ce nouveau budget sera déposé, fin octobre, à la Chambre des députés et voté fin décembre.

(Fatima Rougi/PaT/L'essentiel)

Ton opinion