Santé au Luxembourg – Les réserves fondent comme neige au soleil
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Santé au LuxembourgLes réserves fondent comme neige au soleil

LUXEMBOURG - Les recettes de l'assurance maladie-maternité ne permettent plus de financer les dépenses. Et les choses ne vont pas s'arranger dans les prochaines années, selon la CNS.

Les dépenses sont plus importantes que les recettes.

Les dépenses sont plus importantes que les recettes.

Les comptes sont dans le rouge et devraient le rester pour un moment si rien n'est fait, selon le Conseil d'administration de la Caisse nationale de santé (CNS) qui s'est réuni, la semaine dernière, pour statuer sur le budget 2022 de l'assurance maladie-maternité (AMM). Alors qu'elle affichait un surplus de 102 millions d'euros en 2019, la situation financière de l'AMM s'est évidemment dégradée en 2020 et selon les projections le déficit de 12,4 millions «ne sera pas comblé à court terme», a indiqué la CNS, dans un communiqué.

Le solde des opérations courantes devrait rester négatif (-100,8 millions d'euros en 2021 et -68,3 millions d'euros en 2022). «Les recettes courantes ne permettront donc pas de financer les dépenses courantes et la consommation des réserves s’avère nécessaire pour assurer le paiement des dépenses courantes et éviter toute augmentation des cotisations sociales», écrit la CNS. Le rapport entre la réserve et les dépenses courantes devrait ainsi passer de 25,4% en 2020, à 23,5% en 2021, à 20,8% en 2022.

Un déficit récurrent

Un ratio encore supérieur au minimum légal de 10% mais les réserves fondent comme neige au soleil, de 971 millions d'euros encore en 2019 à 790 millions d'euros en 2022, selon la CNS. «Si la tendance des dépenses et recettes n’est pas inversée par des actions concrètes (...) l’AMM devrait montrer un déficit récurrent et présenter un niveau de réserve proche du seuil légal de 10% des dépenses courantes en 2025».

La CNS admet que si la crise sanitaire a contribué à cette situation, elle «ne peut pas être considérée comme le seul facteur à l'origine des facteurs négatifs», note la CNS, qui la voit plutôt comme un «accélérateur d'un mouvement plus structurel qui a démarré en 2017». La Caisse nationale de santé appelle donc à la «prudence» quant à l'évolution des prestations existantes et à la prise en charge de nouvelles prestations, et invite à «identifier les actions les plus pertinentes pour contenir les dépenses ou accroître les recettes, dans les années à venir».

(mc/L'essentiel)

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